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The Vines

Le Bataclan (Paris)
mardi 22 octobre 2002

Sous prétexte d'être persuadé qu'il obtiendrait, sans difficulté, le premier prix dans le cadre des "Fructis d'Or" (si cette compétition devait être organisée : au détriment de Ryan Adams, pourtant fort imaginatif en matière de mise en pli et du frontman d'Idlewild, qui débute dans la coiffure), Craig Nicholls, leader des Vines - et sa mèche rebelle mais idéalement peignée - se permet tout.

Il est auteur d'un des plus beaux albums de l'année : Highly evolved. Ce disque est un exercice de style tellement achevé que sa fluidité et sa richesse déroutent l'auditeur. Allier mélodies pop imparables et énergie contagieuse, avec tant de classe, ne s'était pas vu depuis... longtemps, en particulier dès le premier essai. Ne manquait plus que l'épreuve de la scène : redoutable sanction qui peut modifier considérablement la perception d'un artiste.

Les Vines sont actuellement acclamés comme les co-leaders d'un retour du "vrai rock à guitares" avec les Strokes, les Hives et les White Stripes. On peut établir le constat suivant :
Les Strokes auront beaucoup de difficultés à dépasser le cap du second album. Comme le clamaient les New York Dolls et Alain Pacadis*, "too much too soon" et, de surcroît, ils assurent des prestations scéniques plus que médiocres.
Alléchés tel le grand méchant loup par l'oseille fraîche ($$$ !! - ils viennent de signer chez Universal), les Hives semblent plus soucieux de leurs propres fonds de pension que d'assurer la gestation du petit frère du fabuleux Veni, vidi, vicious.
Seuls les White Stripes qui ont construit leurs premiers albums dans la discrétion et avec intégrité, peuvent prétendre à une évolution positive : Elephant doit paraître en début d'année 2003 et laisse présager une reconnaissance encore plus vaste.

Quant aux Vines, une sensation désagréable se dégage de la soirée du Bataclan. Elle fut trop courte et a manqué cruellement d'intensité. Craig Nicholls change régulièrement de guitare, à l'instar des Stereophonics, et hache considérablement le set. Il s'emmitoufle souvent dans sa serviette pour éponger une sueur que l'on peine à deviner. Et les autres musiciens demeurent d'une discrétion impressionnante.
La réputation scénique incandescente des Australiens en prend un sérieux coup : quelques mois après le début de leur première tournée internationale, Craig et ses amis peinent déjà à improviser. Si l'on feuillette le premier numéro de Rolling Stone, édition française, la photo de la page 188 correspond exactement à ce qui s'est produit à Paris.
Le public composé pour moitié de teenagers lookés à l'identique et pour certains auditeurs d'Europe 2 (partenaire de la soirée) semble pourtant apprécier "grave".
La bande nous proposera quelques inédits, dont un Sorry miss Jackson qui laisse augurer un second effort aussi époustouflant que son ainé.
D'ici là, The Vines auront certainement eu le temps d'acquérir davantage d'expérience pour assurer un show à la hauteur de ce que l'on peut attendre d'eux et de leur musique.

* Alain Pacadis - Un jeune homme chic


www.vines.com

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 23/10/2002

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