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Frode Gjerstad Trio / Jeb Bishop

Sting Jazzklubb (Stavanger (Norvège))
mercredi 4 février 2004

Stavanger a plutôt une réputation pour son climat humidifiant, ses petites maisons en bois typiques norvégiennes, et son musée de fabrication de boîtes à sardines. Comment ses habitants auraient-ils pu s'épanouir musicalement entre deux averses d’un crachin tenace et avec une perpétuelle goutte au nez, me direz-vous?

Et bien, le miracle s'est produit. Tout d'abord vous y trouvez Frode Gjerstad, tout en bonhomie, mais un chef en improvisation jazz (ou freejazz), saxophone et clarinette. En plus notre ami Frode a eu du nez pour prendre sous son aile un jeune type prometteur de Stavanger, Paal Nilssen-Love, qui s'est avéré devenir un prodigieux batteur/percussionniste en freejazz aussi.

Rien de tel qu’un petit concert au club local de jazz avec justement le Frode Gjerstad Trio pour nous réchauffer et sécher le manteau. Sur scène : Frode Gjerstad, saxophone soprano, clarinette et clarinette basse, Paal Nilssen-Love, percussions, Oyvind Storesund, contrebasse et un invité en provenance des US : Jeb Bishop, trombone. Nous voilà donc partis pour 2 heures de concert (avec une ‘tite pause au milieu), un début entre le saxo de Frode et le trombone de Jeb, on se demande comment les 2 autres vont se faire une place là au milieu. Mais c’est sans compter sur le talent de Paal, toujours à l'affût et -pang- il entre en scène sans autre mise en forme, de mèche avec la contrebasse de Oyvind. Ah tout de suite les pieds qui me chatouillent, et mes chaussettes qui sèchent ! Youpi. On commence à se trémousser sur sa chaise (en tout cas moi), ne rêvons pas sur une foule en délire, on est à Stavanger. Mais rien n'échappe au public très attentif, et dès la dernière note jouée, ce sont alors de chaleureux applaudissements.

Un petit plus d’avoir un contrebassiste qui tient la route, cela donne une structure plus rythmique à l’ensemble, et notre ami Paal tend à moins se disperser, ce qui me ravit d’autant plus. Mais les super puristes de freejazz trouveront peut-être à redire ?
Le bassiste nous tient un drôlement chouette petit solo à l’archet, avec des harmonies qui m’ont étrangement fait penser à la ligne du Pyramid Song de Radiohead. Mais après vérification, il ne l’a pas fait exprès, donc peut-être plus le fruit de mon imagination... allez savoir. Le trombone de Bishop a parfois quelques sonorités à la be-bop, pour les références, voyons le texte qui va avec: « cette musique (du Trio on s’entend) a des racines dans la tradition freejazz, comme l’ont définie Coleman, Mingus, Dolphy et Coltrane. »
Frode est toujours aussi génial avec ses divers instruments, parfois il alterne avec Bishop, autrement ils se lancent dans des défis duo, pour arriver à une note unisson et repartir sur une discordance qui ricochette sur l’archet du contrebassiste. Uaff, allez soyons fous, j’enlève l’écharpe.
Paal est un spectacle à lui seul, et sans rire, je vous met au défi de trouver actuellement un batteur freejazz aussi jeune et aussi talentueux, il est tout simplement génial, et toujours la petite touche qui fait tendre l’oreille, hehe.
Voilà, moi je ressort de ce concert avec la patate, et ca dure encore aujourd’hui.

Donc : méfiez-vous des Norvégien(ne)s et des Stavanguerois(es) en particulier, ils ont pas l’air comme ça, mais ils peuvent bien vous effacer la grisaille d’un coup de baguette magique, et on en oublie son parapluie...


www.shef.ac.uk/misc/rec/ps/efi/mgjersta.html
www.sofamusic.no/musicians/paal_nilssen-love.html
www.jazzvancouver.com/concerts_details.cfm?event_id=1004&sec_view=ARCHIVES

auteur : Anne Estoppey - anne.estoppey@tromso.online.no
chronique publiée le 05/02/2004

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