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Bolik

Les 4 vents (Clermont-Ferrand)
vendredi 28 novembre 2003

Dans le cadre toujours chaleureux du bar Les 4 Vents, le groupe clermontois Bolik a donné un concert de pop bruitiste à la voix envoûtant, surprenant et réjouissant…

Emmené par François Doreau, un chanteur auteur compositeur discret et habité, le quintette se lance souvent dans de mini symphonies carrément expérimentales, délicieusement pop et joyeusement bruyantes. Ces compositions tarabiscotées sont interprétées par des musiciens peu soucieux de virtuosité ou de justesse ; le but de Bolik est de surprendre l’auditeur pour mieux le faire pénétrer dans son étrange univers… Le chant, étranglé et souvent à la limite de la justesse, n’en est que plus bouleversant. On pense à Robert Wyatt poussant ses cordes vocales dans leurs derniers retranchements mieux faire passer ses émotions.

Que ce soit à la batterie, à la basse, aux claviers, aux guitares ou au chant, tout est fait pour sonner "différent"… Les hurlements dans le micro des cymbales, les interventions au Kazoo, le morceau joué par deux batteurs, le marteau utilisé comme une baguette de batterie, les sonorités distordues de l’antique clavier analogique sont autant de trouvailles sonores bienvenues.
Bolik se lance aussi dans des reprises de grands standards du rock… mais à sa manière, peu orthodoxe ! I wanna be your dog des Stooges est donc ralenti et trituré pour devenir une ballade macabre, sombre et grinçante. Les cinq musiciens se permettent même de reprendre à leur sauce (piquante) un morceau que plus personne n’ose jouer : Smoke on the water de Deep Purple. Ce tube de hard rock dont le riff est joué aux claviers et à la basse est consciencieusement massacré à la grande joie des spectateurs…

Beaucoup de groupes ne font ni chaud ni froid, Bolik a le mérite, pour sa part, de s’attacher à créer un univers dérangeant. Ce faisant, Bolik permet de faire resurgir dans l’esprit du public des souvenirs soniques électrisants…

(Photo Ludovic Lefrançois)


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 30/11/2003

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