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Tournée Inrocks : The Eighties Matchbox B-Line Disaster + Elysian Fields + M83 + 3 Guys Never In

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 14 juin 2003

Cette tournée montée par un hebdomadaire musical et un fabricant de téléphones portables est vraiment une très bonne idée. En sillonnant les routes de France dans de très bonnes conditions, les jeunes (ou moins jeunes) groupes français ou internationaux ont ainsi une chance de se faire connaître. Encore faut-il que les gens se déplacent en nombre, ce qui ne fut vraiment pas le cas pour cette affiche remarquable !

Chargé d’ouvrir le bal, le très jeune groupe français 3 Guys Never in s’en est sorti avec les honneurs en jouant ses morceaux electro, pop et rock. Malgré une présence scénique assez limitée, on a pu déceler un potentiel prometteur chez ces musiciens…

En formation rock, M83 a divisé le public. La musique assez planante de ce groupe – les nappes de synthés sont prépondérantes – a subi les « outrages » sonores d’une formation guitare/basse/batterie. Le résultat ? De l’électro rock instrumental assez efficace mais où il manque quelque chose…
Le leader de M83 (avec son t-shirt Aerosmith) essaye bien de « meubler » en gesticulant derrière ses claviers d’une manière aussi ridicule qu’ostentatoire mais, au final, on reste un peu sur notre faim.

Après des démêlés interminables avec leur maison de disques, Jennifer Charles et Oren Bloedow ont réussi à donner une suite aux deux premiers albums de Elysian Fields. Ça s’appelle Dreams that breathe your name et c’est très réussi.
Le concert s’articulera d’ailleurs autour des morceaux lancinants, ténébreux et troublants composé par le couple Charles/Bloedow pour ce troisième opus. Entouré d’excellents musiciens, Jennifer Charles chante d’une voix un peu lasse mais carrément hypnotique, un peu à la Hope Sandoval. Pendant ce temps-là, Oren Bloedow emmène le groupe derrière lui avec ses rythmiques dissonantes et originales…
Sur Passing the stairs, on atteint le nirvana : Jennifer répond à la voix grave de Oren pour un duo d’anthologie. Cette chanson est tout simplement un bijou et rien que pour ça (et pour tout le reste… ) Elysian Fields mérite d’être écouté !

Horse of the dog, le premier disque de The Eighties Matchbox B-Line Disaster contient dix hits de psychobilly punk rock métallique. Un cocktail qui se révèle totalement explosif… Toute personne de goût se doit de posséder ce sombre et malsain objet en plastique dans sa discothèque.
Les 45 minutes de concert délivrées par les Anglais de The Eighties Matchbox B-Line Disaster ont ravi la plupart du public et fait fuir les âmes trop sensibles… Ce gang de mauvais garçons a littéralement pilonné les oreilles du public présent à grands coups de hurlements psychotiques, de riffs de guitares sursaturés et de martèlements de fûts cataclysmiques.
Bien sûr, certains vont objecter qu’ils n’ont strictement rien inventé mais on s’en branle royalement ! On retrouve avec plaisir les joies de l’adolescence en se trémoussant d’une manière un peu gênante si on est venu avec ses collègues de travail. Il est en effet quasiment impossible de ne pas hurler en simulant des grands moulinets sur une guitare imaginaire quand on écoute les douces mélopées que sont Celebrate your mother ou Whack of shit !
La voix du chanteur, Guy McKnight, croisement capillaire de Jim Morrisson et Joey Ramone, évoque souvent Lux Interior des Cramps (particulièrement sur Psychosis safari) et même Bon Scott de AC/DC (sur Fishfingers). Ce monsieur chante donc divinement entre deux convulsions et autres sauts dans le public…
L’imagerie gothique du groupe est LE petit plus non négligeable : tout ce cuir noir et cette tête de mort en fond de scène, ça rend fou ! Attention Mesdames, cette année le noir sera très tendance.


www.elysianmusic.com
www.eightiesmatchbox.com
www.ilovem83.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 15/06/2003

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