03/09/2010  |  3794 chroniques, 114 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2010 à 12:34:28
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The White Stripes

+ Whirlwind Heat
Le Transbordeur (Villeurbanne)
mardi 27 mai 2003
Après avoir permis de découvrir les épatants Von Bondies lors de la tournée consécutive à l’album White Blood cells, les White Stripes ont cette fois emmené le groupe Whilwind Heat avec eux sur la route… Ce trio américain particulièrement déjanté s’y entend pour composer des morceaux déstructurés et complètement barrés !
Le batteur cogne le plus fort possible sur son instrument. Le bassiste produit des sons très peu conventionnels. Le chanteur, quant à lui, s’époumone comme un forcené relâché par erreur de l’asile psychiatrique en pianotant frénétiquement sur un vieux Moog. Le bruit engendré par ses deux camarades provoque chez ce frêle jeune homme des convulsions assez impressionnantes à observer ! Lors d’une cabriole, il finit même sur les épaules du bassiste qui vacille dangereusement avant de s'écrouler sous le poids du petit agité… Le premier disque de Whirlwind Heat (prévu pour le 17 juin) en dira plus sur ce groupe bien frappé… Il est produit par Jack White, enregistré par Brendan Benson et mixé par Dave Fridmann (excusez du peu !).

Après un montage de la scène par deux roadies arborant de superbes chapeaux melon et costards noirs, les White Stripes ont donné un excellent concert. Jack White et Meg White ont surpris par leur toute nouvelle décontraction : ils sourient tous les deux et ont l’air de prendre du bon temps sur scène ! Meg est toujours aussi troublante derrière ses fûts… Elle les martèle en faisant de délicieuses mimiques tout en fixant Jack avec un sourire boudeur. Quand elle entonne magnifiquement In the cold, cold night, on se dit que ce duo a un talent peu commun pour composer et jouer des chansons simplement belles…
Sous un éclairage blanc lui donnant la tête de Jack « The Joker » Nicholson dans Batman, Jack White assène avec véhémence une série de riffs vengeurs. Le duo aborde tous les styles avec un même bonheur… Reprenant magnifiquement Bob Dylan (Lovesick), Hal David et Burt Bacharach (I Just dont know what to do with myself) Jack et Meg égrènent aussi les perles de leur répertoire inspirées par le blues, la pop, le punk, le rock garage ou la folk music… Le titre Seven nation army, joué au milieu du concert, fait un triomphe mérité auprès du public, nombreux et jeune. Jack joue la ligne de basse pop sur une guitare de blues, enchaîne sur une partie en slide en chantant avec sa voix aigrelette si caractéristique. Pour une fois qu’un chanson diffusée en boucle sur MTV est bonne, il ne faut pas bouder son plaisir. Dead Leaves and the Dirty Ground et surtout Hotel Yorba (où Jack incite les gens à taper dans leurs mains) sont salués de la même manière : par des cris hystériques…
Jack se lance aussi dans quelques titres presque pop comme l’enlevé et concis You're Pretty Good Looking (for a girl), le calme et bucolique We're Going to be Friends et le presque folk Apple blossom… Les très blues Wasting my time et Astro sont l’occasion d’un retour sur le premier album du groupe. Enfin, sur I think I smell a rat et surtout sur le long Ball and biscuit, Jack White se prend brièvement pour un guitar hero. Une belle démonstration de guitare lead blues, agréable justement parce qu’elle ne se reproduit pas sur chaque chanson.
Après un rappel où Jack remercie tout le monde, le public repart ravi de sa soirée. Les White Stripes donnent des concerts de feu, font toujours parti du cercle très restreint des gros vendeurs de disques sans être pour autant des vendus et c’est parti pour durer...


www.whitestripes.com
www.whirlwindheat.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 29/05/2003

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