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Concert RFI / La Bande Passante : Bumcello + Katerine

La Scène (Paris)
28 Octobre 2002

Laboratoire de groove universel, composé des virtuoses Vincent Cello Segal et Cyril Bum Atef, Bumcello produit comme nul autre de splendides mélopées bigarrées, nées de l’enchevêtrement de multiples influences, assimilées par les 2 lascars lors de leurs exotiques périgrinations et rencontres.
Fourmillant d’idées et avides de collaborations, ils purent exprimer tout leur talent lors de multiples collaborations (-M- étant la plus connue, mais Brigitte Fontaine, Dick Annegarn, Vic Moan, notamment, s’affichent également sur leur carte de visite).
C’est cependant au sein de leur propre formation duettiste, au son complexe, qu’ils expriment pleinement leur potentiel : seuls sur scène, ils produisent un barouf infernal que l’on croirait livré par une multitude de musiciens..
Il n’en est rien, miracle de la technique oblige : recourant à un auto-sampling permanent, qui leur permet de multiplier les boucles sonores, ils dirigent leurs expérimentations d’un soir vers des abîmes douceureux, mêlant mélodies arabisantes, samba brésilienne ou fiesta latine.
Le groove jamais ne trépasse, même dans les relâchements d’un instant, propices à bien des rebondissements dans les structures de morceaux complexes, développés sur des rythmiques house ou drum’n’bass.
On aimerait, des heures et des heures durant, s’immiscer en continu dans leur univers envoûtant et ô combien original : performance que les heureux privilégiés qui purent assister ce printemps à leurs 9 concerts du Nouveau Casino, où ils étaient en résidence, purent tutoyer, les prestations des compères étant toujours différentes…

Un autre qui ne connaît manifestement pas non plus de problèmes de prolixité, c’est bien Philippe Katerine, dandy nantais à la naiveté savamment travaillée.
Trouvant avec boheur semble-il ses idées dans le bras de Morphée, ce Gainsbourg à la petite semaine donne sur les planches de la Scène, pour le plus grand bonheur des auditeurs de La Bande Passante, une performance ébourrifante.
Ses Recyclers, réponse évidente aux A.S Dragon de son canarade de jeu Bertrand Burgalat y sont sans doute pour beaucoup, ce backing-band seyant au mieux aux mélodies alambiquées de ce vendéen admiré des petites japonaises..
A la fois très tendance et intemporel (voir parallèlement le succès d’un Mathieu Boogaerts proche de son écriture ironique), L’homme à trois mains cultive comme à son habitude son humour décalé et parfois cinglant dans son prochain album à paraître le 4 novembre prochain sur le mythique label Barclay, le même décidément, que celui du fumeur de Gitanes.
Insolence et sophistication y sont encore une fois au rendez-vous, comme en témoignent Les Grands Restaurants ou Barbecue à l’Elysée, mutine comptine où défilent nombre figures de l’histoire contemporaine (Elvis, Charles Trenet, Franck Sinatra …), à en rendre jaloux son hôte actuel.
Et à défaut d’atteindre le 8ème ciel, on moins y découvrira-t-on la tonalité de ses suaves aventures nocturnes (Où je vais la nuit)…


www.bumcello.com/
www.katerine-website.com/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 01/11/2002

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