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The (International) Noise Conspiracy

+ Looptroop
La Boule Noire (Paris)
jeudi 4 avril 2002

The (International) Noise Conspiracy s'était engagé à revenir prêcher contre le Grand Kapital : notre perception du temps et de l'espace en a ainsi été changée, même si cela ne s'est pas prolongé au-delà du lendemain matin - pour le moment.

Nos anti-mondialistes étaient accompagnés de leurs compagnons de label (Burning Heart Records héberge également les chouchous de la presse Britannique -The Hives- que découvrent avec arrivisme les magazines Français), Looptroop. Ce quatuor composé de trois mc's et un Dj (ceci rappelle vaguement un possee qui aimait se battre pour ses droits...à faire la fête), proposait un hip-hop sympathique frisant à la fois le sautillant et le saoûlant.

Et The (I)NC s'empara de la scène de la petite salle parisienne.
De retour d'emplettes réalisées dans les rayons de H&M (!!), pour compenser le vol de leurs costumes de scène sur une précédente date, les Suédois ne rencontrèrent aucune difficulté à embraser les planches, avec leur musique punkisante à souhait avec une pincée de son sixties, terriblement efficace, et les interventions anti-consuméristes et croustillantes de son chanteur.
Gymnaste à ses heures perdues, il n'hésite pas à rappeller qu'il a certainement été médaille d'or de saut de cheval dans sa jeunesse.
Désormais valeur sûre et pièce maîtresse du "revival" rock à vraies guitares, The (I)NC fait littéralement oublier des groupes aussi rapidement encensés qu'ils seront oubliés, comme The Strokes. Ces derniers font figure, par la même occasion, de bande à midinettes, incapables d'avoir une personnalité propre, plagiant l'attitude et la musique des grandes heures du CBGB (1974-78) - bar et salle de concert de Big Apple qui vit débuter Blondie, Television, The Ramones mais aussi Springsteen et plus récemment les susnommés...Strokes, mais cela ne peut justifier ce manque d'authenticité ; cependant l'héritage parait, il est vrai, un peu dur à assumer pour ces fils à papa !
D'ailleurs, nos Marxistes préférés (les derniers survivants ?) de reprendre TV Eye de Iggy and the Stooges et le cultissime Blitzkrieg bop des vrais-faux frères de New York City, pour rendre hommage, humblement, à leurs aînés.
Et Mr Lyxzén, entre deux morceaux explosifs, rappella l'attitude de Bono, qui enchaîne, sans scrupule et sans impact réel, un forum sur l'annulation de la dette des pays en voie de développement avec une sauterie à Messierland en compagnie du gratin Universal (environ 35% des artistes actuels, signés sur un label).
Il nous annonça également, que, selon un magazine suédois, Wind of change de Scorpions était le titre qui symbolisait le plus l'amour et la liberté et un des titres de nos afficionados de Foucault et Debord : la pire chanson sur la même thématique !

Après MC’5 en 1968, The Clash en 1977, Public Enemy à la fin des années 80 et Rage Against The Machine dans les 90 ; The (International) Noise Conspiracy, groupe contestataire de la décennie ?

(Photo Flore-Anne Roth)


www.burningheart.com/

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 05/04/2002

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