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    chronique concert
Thomas Fersen

+ Jeanne Cherhal
Le Zénith (Paris)
mardi 11 mai 2004

Il fallait bien un jour, tôt ou tard (!!), que je finisse par croiser le chemin du Gavroche de la Place Clichy, Thomas Fersen. Séduit tout récemment par les compositions de l’artiste, grâce à une Pièce montée des grands jours chaudement recommandée en ces pages, je me devais de voir d’un peu plus près le phénomène, que l’on disait excellent sur scène.
Je concède volontiers qu’un Zénith n’est peut-être pas l'endroit idéal pour découvrir live un chanteur de cette trempe, surtout celui de la Porte de Pantin (pas le meilleur de France, niveau acoustique), où tant de formations se sont cassées les dents.
C’est donc sans excitation particulière mais non sans curiosité que je me glisse dans ce hall impersonnel, qu’a commencé à remplir un public un peu plus âgé et féminisé que celui des assistances auxquelles je me frotte d’habitude.

Jeanne Cherhal, dernière découverte du label de Vincent Frèrebeau, tôt ou tard, a la dure tâche d’ouvrir ce soir : une demi-heure réglementaire, pour visiter, en compagnie de son fidèle complice guitaristique son séduisant répertoire.
Elle s’en sort remarquablement, dans un espace pourtant guère approprié; l’assistance, séduite par la fraîcheur de la demoiselle, ayant tôt fait de s’esclaffer devant ses textes volontiers caustiques.

Après un intermède digne des pires séances ciné de multiplexes ("pop corn, eskimos, chocolats !", écrans pub (sans Jean Mineur cependant !)), le Zénith plonge enfin dans l’obscurité et le rideau s’ouvre. Au centre de la scène trône Thomas Fersen, impeccable dans son costume 3 pièces, à ses côtés ses (talentueux) musiciens; et la sono crache (plutôt convenablement pour le lieu) Deux pieds, LE tube du dernier album. Fersen prend manifestement un malin plaisir à saboter le potentiel du titre, marmonnant plus que ne chantant ses couplets. Ceci n’empêche pourtant guère le public de manifester bruyamment sa joie, en reprenant le refrain et en applaudissant à tout rompre.
Fersen, tout au long du concert faussement désinvolte et nonchalant, cabotine à qui mieux-mieux et conquiert sans difficulté les indécis par sa gouaille et son humour ravageurs. Se risquant à un strip-tease (quoique incomplet), à des danses de Saint-Gui d’inspiration kazatchoko-balkaniques, à l'hommage breton de rigueur (Saint-Jean du Doigt), le néo-quadra ne masque pas sa joie devant ce triomphe massif, qui le fait tenir sur scène plus de deux heures et quart.

Musicalement remarquable, très joliment éclairé, scéniquement soigné, le "show" Fersen a finalement tout pour séduire les grincheux, réfractaires à l'idée d'une nouvelle chanson française. Avec sa jolie voix éraillée, son dandysme, ses textes ironiques ciselés et son penchant actuel pour des orchestrations un peu plus rock, Fersen se pose même en héritier potentiel de l'inénarrable Dutronc. A quand la suite ?

A lire également sur foutraque.com : une interview de Thomas Fersen réalisée en décembre 2003.


www.totoutard.com/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 13/05/2004

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