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The National

Espace scène live (ex-Balthazar) (Thiers)
samedi 12 juin 2004

Cela faisait deux ans qu’on attendait de voir sur scène le groupe américain The National ; en fait depuis l’écoute répétée du premier album très prometteur des new-yorkais sorti chez Brassland en 2002. Par la suite Sad songs for dirty lovers et Cherry tree n’avaient fait que confirmer le potentiel des premiers morceaux : ce combo en « The » (mais qui ne fait pas du rock’ n roll) est taillé dans l’étoffe dont on fait les groupes importants. Si un doute pouvait éventuellement subsister avant de les avoir vu fouler les planches, la performance intense et marquante des six musiciens à Thiers nous a comblé au-delà de nos attentes…

Fort d’une discographie où aucune faute de goût n’est présente, Matt Berninger (chanteur envoûtant et explosif), Padma Newsome (violoniste tour à tour mélodique où bruitiste à la John Cale), Aaron Dessner (lignes de basse entêtantes), Bryce Dessner (guitare gorgée d’écho à la The Edge), Bryan Devendorf (batteur toujours plein d’à propos) et Scott Devendorf (guitariste sobre et précis) n’ont eu aucun mal à emmener loin - très loin - le nombreux public réuni dans la salle de l’ex-Balthazar, qui rouvrait ses portes pour l’occasion. A la fois inquiétants, lumineux, limpides et torturés, les morceaux de ce groupe à part ont des vertus évocatrices peu communes. L’exceptionnelle voix grave de Matt Berninger, capable de passer sans crier gare du rôle de pop singer cabossé par la vie à celui de performer déchaîné, donne le « La », le groupe, quant à lui, bâtit des merveilles de pop songs sur lesquelles planent les ombres du rock new-yorkais et de la cold wave mais aussi de la country et de la folk music. Chaque titre fait surgir un flot de sentiments contrastés difficile à supporter pour peu qu’on soit sensible… Les yeux fermés, complètement parti, on se laisse emporter très loin du rivage, là où d’imprévisibles courants peuvent s’avérer fatals.

Sur scène, peu d’artistes arrivent à plonger en quelques instants (et pour la durée du concert) dans les méandres d’une mélancolie teintée de bonheur et de rage contenue… Jusque là, les Tindersticks, Godspeed You! Black Emperor, Jean-Louis Murat et Elysian Fields avaient fait cet effet, maintenant il faudra compter avec The National, pour de nombreuses années, espérons-le… Ça valait vraiment le coup de patienter un peu avant de vivre un tel moment !


www.americanmary.com/
www.talitres.com/
www.brassland.org/

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 14/06/2004

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