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Red Hot Chili Peppers + Pixies + Nosfell

Parc des Princes (Paris)
mardi 15 juin 2004

Bien sûr, au delà de l’excitation (légitime) de voir deux formations majeures de la récente histoire du rock américain, demeurait une inconnue (de taille) : cette affiche improbable aurait-elle un air de Prends l’oseille et tire-toi ? (Take the money and run).

Bon, sans vouloir être méchant, la carrure de plus en plus Hadji-Lazar-esque de Frank Black (à moins que ce ne soit Black Francis ?) lui interdit sans doute tout exploit en sprint, et de ce fait les Pixies étaient bien là, après avoir encaissé sans doute un très gros chèque, pour ouvrir une soirée où les Red Hot Chili Peppers tenaient le haut de l’affiche (The Roots finalement annulés, remplacés par Nosfell, formation francilienne dont nous aurons loupé la majeure partie de la prestation, retenus à différents barrages tendus par l’organisation)
Sans crier gare, les 4 héros bostoniens se pointent sur scène à 20 heures pétantes, sans artifice, d’un pas nonchalant.
Frank Black, un peu taquin, commence par chambrer ses « camarades » (« What are you doing here * ? Waoow ! You’re playing the** OK, fine. ») * Kim, Joey, David ** bass, guitar, drums, au choix.
Le son n’est pas encore trop calé sur le premier morceau du set (Bone machine), mais musicalement, ça tient bien la route, chacun des membres assurant sa part de boulot avec application, à défaut de passion.
Le public, pour majeure partie composé d’ados boutonneux fans de Blink 182, Linkin Park, Limp Bizkit, Nirvana ou Jackass (hit-parade des tee-shirts portés au Parc) se tamponne manifestement du concert comme de son premier mp3, et tout au plus le gang ricain récolte-t-il des appplaudissements polis, sans qu’à aucun moment la pelouse ne s’embrase au gré d’hymnes normalement imparables (Monkey gone to heaven, Wave of mutilation, Debaser, Isla de Encanta, Gigantic, etc).
Il faut dire que le jeu de scène des « farfadets » n’est pas vraiment un encouragement à lâcher la bride, comme le déroulement du show à la lumière du jour. On a rarement vu, ceci dit, une formation aussi statique : les 3 musiciens disposés à l’avant-scène occupent leur m2 réglementaire, certainement balisé avant leur show par des roadies aux petits soins.
Frank Black a beau pousser ses petits couinements caractéristiques, Kim Deal assurer de terribles lignes de basse et d’irréprochables parties vocales, Joey Santiago et David Lovering jouer convenablement leur rôle, il n’y a aucune osmose entre la fosse (ne parlons pas des tribunes !) et le groupe. Quelques trentenaires ou ados biberonnés aux Pixies par un grand frère ou une grande sœur essaient tant bien que mal de résister à l’apathie générale.
Peine perdue, quasiment tout le monde s’ennuie et si les bars ne roulaient pas qu’à la Buckler, sans doute y aurions-nous fait un crochet. Terrible à dire…
Il faudra attendre Where’s my mind pour que le public se réveille, comme par enchantement. Est-ce le seul titre des Pixies à faire partie des playlists des radios commerciales ? Toujours est-il que l'ensemble des spectateurs amassés dans l’enceinte sportive commence à se lâcher. Pscchiiiiittt… Déjà fini, merci d’être passés. 1h et puis s’en va.
Tout ça pour ça ? Peut-être vaut-il mieux parfois « sanctuariser » ses idoles plutôt que voir un mythe s’écrouler devant soi. Impressions à confirmer toutefois dans un autre contexte.

On était donc un peu inquiets à l’idée de voir leur succéder les Red Hot, lancés en pleine tournée 20th anniversary : CD, DVD à refourguer, same business as usual. Un peu dégoûtés aussi d’avoir jeté 45 euros par les fenêtres pour un tel gâchis en ouverture.
Surprise, dès les premiers instants du show, on voit ce que peuvent donner sur scène de véritables entertainers. Energie folle, enthousiasme communicatif, virtuosité technique (Flea et John Frusciante à leur meilleur niveau), Anthony Kiedis époustouflant. Y’a pas à dire, ça dépote. Mes p’tits voisins sont tout contents, pogottent à tout va, tentent même quelques slams au péril de leur appareil dentaire en fer forgé. Au gré d’un set affichant une prédilection marquée pour les deux derniers albums (By the way et Califonication), les californiens convainquent pleinement. Les projections en arrière-scène, magnifiques, donnent un supplément d’âme au show, en tous points épatant. Flea et Frusciante, véritablement complices, se lancent dans de fascinantes impros, groovy à souhait, laissant régulièrement à Kiedis, infatigable bateleur, l’opportunité d’aller se « requinquer » backstage.
Cela ne nuit nullement d’ailleurs à la dynamique d’ensemble : on passe vraiment un très bon moment, le Parc entre régulièrement en transes (comme un soir de dérouillée infligée aux « ennemis » marseillais - hooligans en moins -), Chad Smith, impeccable lui-aussi derrière les fûts s’offrant même une gigantesque acclamation lors des rappels, lorsqu’il dévoile sous une combinaison blanche un maillot des bleus floqué… Zidane ! Effet garanti !
Fort logiquement, cette petite démonstration se termine sur un Give it away d’enfer, magistralement conclu par une nouvelle impro basse/guitare.
Ebouriffant et complètement bluffant !


www.redhotchilipeppers.com/
www.ilovepixies.com/
www.nosfell.com/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 16/06/2004

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