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The Libertines

The Libertines
Rough Trade - 30 août 2004

Le nouvel album des Libertines s’appelle … The Libertines. Comme un hommage à leur propre groupe. Il faut dire qu’ils en ont bavé ces 2 dernières années. Dans un marasme médiatique ininterrompu, les Libertines ont touché le fond ou presque : tournées écourtées, séparations à répétition, et séjour en prison pour le co-leader Pete Doherty. Un vrai cauchemar pour son compère Carl Barat qui essaye, d'une main tremblante, de tenir le gouvernail. Pas forcément facile d’être des mégastars avec tant d’héroïne dans les veines.

Ceux que le New Musical Express considère comme les « 21st century Sex Pistols » sont toujours produits par l’ex-Clash Mick Jones. Epaulé cette fois-ci par Bill Price qui a déjà eu l’honneur de collaborer avec les Sex Pistols et les Stone Roses. Une raison de plus pour situer le groupe dans la grande et glorieuse lignée du rock britannique. Pour le premier album, on avait déjà un peu près tout entendu rayon influences musicales : Jam, Buzzcocks, Smiths, Kinks, Clash, Damned… De ce point de vue-là, The Libertines reste fidèle à son prédécesseur. Tout au plus peut-on y retrouver 2, 3 réminiscences inédites : le spectre des Beatles sur What Katie Did ou celui des Happy Mondays sur Don’t Be Shy.

On n’échappera pas non plus à la comparaison avec les Strokes. Et de plus en plus, on se dit que les Libertines sont leur juste équivalent d’Outre-Manche. Avec, déjà, cette même volonté de recycler le passé local. Et comme pour leurs cousins new-yorkais, chez le disquaire, un premier album tonitruant suivi d’une deuxième performance qui risque bien de diviser les critiques. Ceux qui les adulaient les aduleront toujours autant, passeront le disque en boucle et pleureront sur la tombe de Pete Doherty dans quelques années. Ceux qui y trouvaient à redire risquent bien de trouver que la recette est éculée et que le Libertines version 2.0 ressemble un peu trop au Libertines 1.0 pour être honnête. Ce qui, effectivement, est le cas mais on ne s’en plaindra pas.

L’album commence en trombe. Et pour commencer, l’explosif single Can’t Stand Me Now qui est parvenu à se classer numéro 2 des charts en Angleterre. Puis, l’incroyable Last Post On The Bugle, sa mélodie enivrante et son insolente urgence. On respire et on écoute la suite. Une suite enthousiasmante quoiqu’un peu inégale. Le très bon (Ha Ha Wall, The Man Would Be The King) alterne avec le pas très fameux (Don’t Be Shy, Campaign Of Hate). Ce qui en soit ne constitue pas une déception, leur premier album n’échappant pas non plus à cet écueil.

Les Libertines n’ont au final rien perdu de leur talent. On aime toujours autant leurs subtiles compositions punk-rock. On aime toujours autant la voix de Pete Doherty et son sale accent cockney. On aime toujours autant leur attitude furieusement rock and roll, même s’ils finissent presque par ressembler à une page de pub pour le NME. Mick Jones, qui s’était un peu enflammé pour toutes ces raisons, proclamait récemment que ce disque serait « un album comme il n’en arrive qu’un par génération ». Non, Mick, vraiment, il est bien le nouvel album des Libertines mais t’as dû confondre avec London Calling.


www.thelibertines.co.uk/

chronique publiée le 20/08/2004


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