17/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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A bird on a poire

Jean-Louis Murat, Fred Jimenez & Jennifer Charles
Labels / EMI - 2004

Le « vieux beau » de la chanson française a encore sévi. Au même moment, quasiment, que son « homologue » du 7ème art, Claude Lelouch. Entre le cinéaste à l’aura vacillante et « le crooner du 6-3 » (© Johanna SebanLes Inrocks), on pourrait trouver, en plus d’un « goût immodéré » pour les femmes, d’une tendance au bavardage incontrôlé, un autre particularisme, qui se nomme… Nouvelle Vague. Si l’un contribua à l’émergence de ce nouveau courant cinématographique, l’autre fournit, avec Camille, qu’il fit connaître au grand public, une interprète de choix pour le projet de Marc Collin et Olivier Libaux.

Après avoir notamment « épuisé » Jennifer Charles (Mustango), Isabelle Huppert (Madame Deshoulières), et donc Camille (sur Lilith et Parfum d’acacia au jardin), notre Jean-Louis 200...4 refait un tour en compagnie de la chanteuse d’Elysian Fields, sur des musiques intégralement composées par Fred Jimenez, son bassiste (ex-AS Dragon), compagnon de route depuis quelque temps.

Quittant (provisoirement ?) son rôle de Neil Young à la française (poussé à son paroxysme lors d’une Black Session fameuse, enregistrée, mais diffusée après moult atermoiements, en raison de son caractère « sauvage »), Murat pose ici sa voix sensuelle sur des compositions aux orchestrations sucrées, printanières, et légèrement surannées (Mashpotétisés, Tu n’auras pas le temps), qu’on aurait bien vues interprétées dans les shows délicieusement kitsch de Maritie et Gilbert Carpentier. (« Un top à Jean-Louis », ç’aurait sacrément eu de la gueule, non ? - si tant est que la censure en vogue à l’ORTF ait laissé passer des textes gratinés, comme celui de Monsieur craindrait les demoiselles (il faut entendre Jennifer Charles susurrer, avec son croustillant accent ( « Mon pauvre ami vous baisez trop » […] « Mon pauvre ami vous bandez trop ») Dans la France de VGE, pas sûr que ça l’aurait fait… (à l’opposée, « Mitterrand chiraquéqués, Allez twist à Saint Tropez » - Mashpotétisés))

Cet hommage léger au Bird on a wire de Leonard Cohen, (sans qu'il n'y ait pourtant de véritable point commun avec ce classique, autre que son titre (il fallait quand même oser intituler un disque A bird on a poire !), sous une pochette censée rappeler les pubs des compagnies aériennes des années 60 (on a d’ailleurs un magnifique Gagner l’aéroport placé sur le disque), ravira les adeptes du barde auvergnat, toujours aussi renversant dans les morceaux les plus langoureux ou intimistes (A bird on a poire, French kissing, Petite luge).


www.jlmurat.com/
www.labels.tm.fr/

chronique publiée le 15/09/2004


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