25/09/2018  |  5048 chroniques, 165 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 25/09/2018 à 11:38:54
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There Will Be A Light

Ben Harper with The Blind Boys Of Alabama
Virgin Records - 21 septembre 2004

En farfouillant dans ses tiroirs, on tombe parfois sur de jolies surprises : ainsi ce billet bleu clair du Bikini (Toulouse), avec le fameux dessin de Vuillemin (un vigile patibulaire vêtu d’un tee-shirt IN BIKINI DURA ROCK, tenant un martinet ( !) et marmonnant « NE ME FOUTEZ PAS LE BORDEL ET TOUT SE PASSERA BIEN… »), portant simplement mention, à l’aide d’un tampon artisanal :
BEN HARPER
MER 18 OCT 80 F (ndr : 1995, presque 10 ans déjà !).

Qu’il est loin, donc, le temps où Ben Harper parcourait, sa guitare sous le bras et d’excellents musiciens à ses côtés les petites salles de musiques amplifiées, livrant d’extraordinaires shows dans une relative confidentialité.
3 heures et demie de concert, une salle – désormais disparue, satanée usine AZF ! -, à moitié pleine, et de grands souvenirs, notamment une jam irréelle convoquant modestement, si je me souviens bien, Hendrix, Led Zep', Marley ou Lennon.

Désormais, pour avoir la chance d’apercevoir le divin « gratteux », il faut sortir espèces sonnantes et trébuchantes (35 euros au bas mot), apprécier sa performance dans d’impersonnels Zéniths ou Palais Omnisports, tout en se goinfrant de pop corn et de bière sans alcool…
Autre option, pour les agoraphobes (ou les « flemmards » !) : « déguster » le show dans son salon, en rameutant les potes jaloux de votre Home Cinema (avec le Dolby Surround qui tue !), pour suivre telle performance donnée au POPB, et qu’importe s’il paraît minuscule au centre d’une scène immense, sa guitare slide posée devant lui…

Bref, on pourra bien me traiter de blasé ou de « vieux con », c’est selon, toujours est-il que je ne pensais plus avoir affaire de sitôt avec ce « jeune homme », assez déçu par ses dernières livraisons, bien loin de l’éclat de Welcome To The Cruel World (1994) ou Fight For Your Mind (1995).

Les sobres affiches astucieusement déposées aux entrées de divers festivals de l’été, mentionnant la sortie d’un opus à la rentrée en compagnie des Blind Boys Of Alabama, intriguaient pourtant.
Ben Harper allait-il revenir aux sources, en compagnie de ces « vieillards » aveugles, protégés de Real World, le label de Peter Gabriel ? Y aura-t-il de la lumière surgissant de cette collaboration inattendue ?

Eh bien, on peut effectivement considérer cet opus, décrit par Harper comme « étant l’une des plus excitantes aventures musicales de sa carrière », comme une réussite, le mélange gospel / soul / blues sonnant admirablement, servi par des voix se mariant à la perfection (émouvant Mother Pray,  interprété a capella), livrant sur un plateau le « prêchi-prêcha » de circonstance ; The Innocent Criminals assurant quant à eux sobrement leur part de travail en arrière-plan (avec des incursions jazzy du plus bel effet (Take My Hand, Wicked Man...)).
Qu’ils s'accaparent un inédit de Jeff Buckley (Satisfied Mind) ou un titre de Bob Dylan & Danny O’Keefe (Well Well Well), réinterprètent totalement différemment Picture Of Jesus, présent sur Diamonds On The Inside (2003), ou qu’ils livrent de nouvelles compositions, Ben Harper & The Blind Boys Of Alabama ont ni plus ni moins trouvé LA formule magique. Le futur est donc superflu : il y a bien une lumière émanant de cet album !
Rendez-vous au Parc des Princes ? Chiche !


www.ben-harper.com/
www.benharper.net/

chronique publiée le 20/09/2004


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