25/09/2018  |  5048 chroniques, 165 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 25/09/2018 à 11:38:54
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Damage

Blues Explosion
Mute / Labels - 27 septembre 2004

Les fans accusent souvent Jon Spencer, Judah Bauer et Russel Simins d’avoir eu une baisse de forme sur leur précédent album, Plastic fang… Certes, l’album est plus calme, plus Stonien et peut-être - légèrement - plus consensuel, mais rien de bien alarmant... En revanche, il est vrai que la tournée 2002 n’était pas aussi percutante qu’on aurait pu le souhaiter. Oublions tout ça, nous sommes en 2004, et forts d’un nouveau nom, Blues Explosion, nos trois New Yorkais se lancent dans une nouvelle tournée pour défendre leur dernier-né, en pleine forme. Damage est en effet une redoutable collection de morceaux blues punk parfois gonflés au hip hop et à l’électro par Elegant Too, Dan The Automator ou Dj Shadow. « I was born in the blues such a long time ago… » déclare Jon Spencer sur le percutant premier single Burn it off ; et oui, quand on est tombé dedans dès le plus jeune âge, c’est irréversible : le bluuues est donc toujours la base de la musique du trio.
Les nombreux invités ne sont pas là pour jouer les béquilles mais plutôt pour agrémenter brillamment des morceaux déjà marquants au départ. Sur le troublant Spoiled, comme sur le rutilant et étrange You been my baby (produit par David Holmes), la voix de Martina Topley-Bird, gorgée de soul, apporte beaucoup. Chuck D, quant à lui, gueule violemment sur un Hot gossip, brûlant et revendicatif. Fed up and low down retient l’attention, lui aussi, avec les sons originaux trouvés par Dj Shadow, le sax vrillant de James Chance et, bien-sûr, un refrain punk basique qui rend dingue.
Damage ne manque donc pas d’atouts pour séduire ; il bénéficie même de la présence de deux moments de bravoure jouissifs. L’énorme riff de Mars, Arizona et les breaks de Help these blues bottent le cul de l’auditeur avec une conviction juvénile... et l’envoient jusque sur Mars ! Blues Explosion risque de provoquer encore beaucoup de dommages collatéraux…

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com

Autre chronique :

Lorsqu'un show du trio New-Yorkais est annoncé dans la région, on ne manque pas de se dire : "Cool, Jon Spencer en concert !".
Au détriment évidemment de ses deux autres fidèles acolytes Russell Simins et Judah Bauer.
Afin de rééquilibrer tout ceci et rétablir cette injustice, le groupe se nommera désormais simplement Blues Explosion !
Et la musique dans tout ça ?
Damage est le fruit de multiples collaborations abouties (Martina Topley-Bird, Dan The Automator, Chuck D et DJ Shadow). Chuck D co-signe d'ailleurs le meilleur titre de l'album, Hot gossip. Il n'en est pas à ses débuts, en terme de crossover hip-hop/rock : souvenez-vous Public Enemy / Anthrax avec Bring the noise en 1988, c'était déjà lui !
Damage s'avère beaucoup plus soigné que Plastic Fang, assez brut, sans atteindre la quasi-perfection d'ACME. Une excellente cuvée, à déguster prochainement sur les scènes de France et de Navarre.


www.mute.com/bluesexplosion/
www.labels.tm.fr/

chronique publiée le 21/09/2004


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