27/06/2019  |  5207 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 26/06/2019 à 11:26:10
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Around the sun

R.E.M.
Warner Bros. - 2004

Finira-t-on par pardonner un jour à Bill Berry, ex-batteur historique de R.E.M., formation mythique d’Athens (Georgie, Etats-Unis) ?
Un Bill Berry à la santé vacillante (rupture d’anévrisme sur scène, à Lausanne, pendant le Monster Tour (1995)) obligeant ses camarades Michael Stipe, Peter Buck et Mike Mills à interrompre leur tournée triomphale (annulant du coup une tripotée de shows, dont Toulouse (argh !))
Un Bill Berry à peine revenu aux affaires (le temps d’un très beau New Adventures in Hi-Fi (1996), première livrée du mirifique contrat signé avec Warner (80 millions de dollars, un record à l’époque)) quittant ses camarades, déjà accablés par le sort (tumeur intestinale pour Mills, hernie pour Stipe), pour se retirer dans son « ranch » (!).
Un Bill Berry provoquant ainsi, par sa désertion, le quasi-split de R.E.M. : les 3 « survivants », sonnés, mettront un certain temps à s’en remettre, et ne parviendront pas à redonner au groupe son lustre d’antan. (malgré leurs qualités, Up et Reveal se vendront très mal, occasionnant sans doute des sueurs froides au Chairman de leur Major)
Un Bill Berry, cerise sur le gâteau, remplacé, sur Around The Sun, par Bill Rieflin, connu pour sa longue collaboration avec… le groupe metal Ministry (sic) !
Ultime « charge » à retenir contre lui ?

Pour l’instant, les fans de R.E.M., à l’instar de leurs « héros » quinquagénaires, lancés dans une immense tournée Vote for change, en compagnie notamment de Bruce - Born In America - Springsteen et de Pearl Jam, seront sans doute plus préoccupés par la perspective de régler son sort à ce « coquin » de G.W., que d’aller trouver ce « brave » Bill sur son tracteur, dans ses « verts pâturages ».
Les qualités de ce treizième album suffiront sans doute à les convaincre de cesser toute poursuite contre lui : s’ouvrant par le magnifique Leaving New York (succès assuré sur les ondes… européennes (R.E.M., à l’instar d’autres artistes engagés, est quasiment blacklisté sur certains réseaux US)), Around the sun, coproduit par le fidèle Pat McCarthy (présent aux manettes depuis Monster (1994)), s’inscrit plus dans la lignée de son prédecesseur, Reveal, que de Up, où l’option « tout synthétique » avait été retenue.
Michael Stipe s’y avère une fois de plus vocalement impressionnant (mais était-il besoin de la préciser ?), relèguant bien loin derrière une tripotée de rock-stars, dont le p’tit Thom Yorke, qui ne cessera sans doute jamais de l’admirer (jalouser ?).
Même s'il n'atteint pas les sommets de certains de ses illustres devanciers (Automatic for the people (1996), Murmur (1983) ou Out of time (1991) (tant décrié pour son côté commercial)), Around the sun est quand même une album honnête, riche de suffisamment de bonnes chansons (Make It All Okay, Final Straw (chanson pacifiste publiée sur internet juste avant « War in the Gulf Part II »), Aftermath et même The Outsiders, pourtant moqué par son étrange featuring (Q Tip)), pour nous faire patienter avant la tournée qui s’annonce.
Pour la France, ce ne sera malheureusement pas cette fois-ci dans le cadre inouï du Théâtre Antique de Vienne, mais dans l’immense et impersonnel Palais Omniports de Paris-Bercy (8 février 2005). Tant pis, on y sera malgré tout ! Et ce, même si Bill Rieflin tient les baguettes…


www.remhq.com

chronique publiée le 13/10/2004


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