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The World Is Saved

Stina Nordenstam
A Walk In The Park / V2 - 8 octobre 2004

Dès les premières secondes, on est à nouveau dans la petite boîte à musique de Stina Nordenstam. Objectivement trop belles (elle et sa boîte), c’en est presque douteux. On s’était déjà méfié au second album, rose de partout, médiatisé par je ne sais plus quelle marque de je ne sais plus quoi. On avait évidemment passé l’éponge, gardé le premier album. Cette voix de fée pré-pubère, cette voix belle comme le Nord, cette atmosphère minuscule et pourtant pleine d’envies de se propager. On était déjà tombé là-dedans. Alors on a tourné la clé, pour voir si cette fois si on ne serait pas obligé d’être déçu.

Le mécanisme s’active donc instantanément. Dans sa boîte de givre et de coton, la voix n’a pas bougé, elle nous raconte qu’elle « ne peut pas enlever ce film porno de (sa) tête », et sa tête comme ses arrangements sont si empreints d’harmonie qu’on ne peut s’empêcher de sourire et de vouloir obéir à son Get on with your life.
L’apocalypse émotionnelle de Winter falling, elle aussi, peut faire sourire, derrière la basse aux cercles parfaits. « Get used to the feeling » comme un mode d’emploi de l’effondrement poli, appuyé par la lassitude retenue de Parliament Square où la trop jolie fée rêve de quitter Londres. Orchestration parfaite de From Cayman with love, élan de d’optimisme causé par les changements de lattitudes (« Living is great, of course it is »), oui mais aussi – bien heureusement – tirades froides de déesse impitoyable (« I said I want a man, and not a boy : you left the room »).Violons pizzicati enchevetrés à l’Andrew Bird dans The morning belongs to the night en attendant la pop jazz parfaite de Butterfly.
Et puis le rythme ralentit, Mlle Nordenstam cesse de tourner sur elle-même, « pourrissant en moi, le monde est sauvé ». L’intitulé ne sonne plus pareil, on peut même la laisser partir dans la neige, chantonnant la tête baissée « The good days will come, I just need some time ».

Que les suédoises dépressives s’en tapent la cuisse, elles n’auront pas tort ; nous est tout de même offert ici un voyage de 40 minutes dans un jouet de luxe fragile et terriblement bien dessiné.


www.stinanordenstam.com
www.charm.net/~totoro/stina1.html

chronique publiée le 20/10/2004


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