21/09/2019  |  5232 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 19/09/2019 à 14:39:42
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Folker

Paul Westerberg
Vagrant / Chronowax - 2004

Qui l’eût cru ? En 2004, le folk renaît de plus belle. Celui qui nous tient à cœur, en plus. Le folk de propagande de Bruce Springsteen ou Patti Smith, laissons-le aux faux puristes. Imaginez les Beatles au régime bourbon et pétards qui font communiquer avec les étoiles. Oubliez cet usurpateur prétentieux de Devendra Banhart, hippie faussement lo-fi, à la voix rêche trompeuse sur sa marchandise (Rejoicing in the hands est monotone et monocorde).
Le miracle 2004, c’est la grande forme de Paul Westerberg. Le leader des Replacements a choisi d’achever sa récente trilogie Stereo / Mono par un retour au folk (moderne ?). Folker a été le blase retenu avec le terminal Folk star en porte-étendard.
Pensez à un Joseph Arthur burné épaulé par les (gros) anges de la section rythmique de Songs Ohia. A ce propos, autant Jason Molina ressucitait avec bonheur Neil Young circa 1974, autant on tape du pied comme pour la facile power-pop des premiers Weezer avec ce mélange Stones / Dylan : version acoustique dans 23 years ago et son finale intimiste (chanté dans une chapelle ?) ou versant électrique, avec le déjà mentionné épique Folk star, le poppy As far i know ou les multiples How Can You like Him ? et Gun shy. Multirécidiviste, Paul Westerberg en garde sous le coude des centaines de ce calibre comme d’autres doux dingues laissés en liberté (Daniel Johnston). Mais quand on est capable de chansons aussi touchantes que Now I Wonder, très Joseph Arthur live, d’un foisonnant Lookin’up in heaven, d’un expéditif beach boysien Jingle en ouverture et d’une pochette aussi classe rouge sang, l’affaire est pliée. Amis rockers, ne vous trompez pas ! Le génie ce n’est pas Paul Weller, n’en déplaise aux angliches de Magic ou du Truskel, mais bien ce nouvel ami Paul Westerberg, animal Folker en liberté provisoire.


www.vagrant.com

chronique publiée le 22/10/2004


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