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Nancy Sinatra

Nancy Sinatra
Sanctuary Records - 2004

Supposons que le « pauvre chroniqueur » que je suis n’ait rien lu sur le dernier album de Nancy Sinatra dans aucun journal spécialisé que ce soit… ce qui n’est pas du tout le cas, mais envisageons cette hypothèse fort indéfendable.
Cette égérie des années 60 doit son succès foudroyant à un papa fort célèbre, un pygmalion de génie (Lee Hazlewood) auteur d’une multitude de titres magnifiques (Some Velvet Morning - pour ne citer que l’un de ses plus fameux hits) et à une chanson que tout le monde fredonne dès les premières notes : These Boots are Made for Walking.
Pour cet album, on se fichera qu’elle ait eu besoin de la bénédiction d’artistes « underground » pour se faire une crédibilité à plus de 60 balais (était-ce indispensable ?…) ; mais bon c’est vrai que Morrissey, Sonic Youth, Town Van Sant, ce ne sont pas des quidams…
Jugeons l’album en toute impartialité et la sanction est immédiate : la mamie se porte bien, à l'instar d'autres chanteuses du troisième âge (Marianne Faithfull, Patti Smith etc…), et son brin de voix si familier exprime toujours des merveilles de gaieté et de dynamisme velouté.
Burnin’ down the Spark ouvre cet album de Pop Music avec un grand P, avec des trompettes qu’on croirait directement sorties de l’album Forever changes de Love, doublées d’une mélodie imparable à figurer dans n’importe quel « Bang-Bang » film de Quentin Tarentino; Town Van Zant se dispute un duo sur Ain’t No Easy Way, Sonic Youth les arpèges acérées sur Momma’s Boy.
Ce sont avant tout les mélodies enchanteresses qui envelopperont vos esgourdes si peu habituées à tant de chansons mielleuses et légères ; dont les plus représentatifs joyaux sont indéniablement Let Me Kiss You avec ses accords très « Smiths » (on jurerait Johnny Marr et Morrissey de nouveau réunis !…), le très fringant Baby Please Don’t Go avec ses guitares « C86 », About a Fire clone de la B.O. de la « Party » de Black Edwards avec sa cithare indienne et Two Shots of Happy, One Shot of Sad, ballade poignante qui par son intonation et son traitement sonore n’est pas sans rappeler « l’éternel » Jimmy Scott.
En définitive, cet album de Nancy Sinatra aura comme formidable effet secondaire de nous replonger, une fois encore, dans les trésors musicaux la reliant à la pop anorak d’Alan McGee, soit la totalité du catalogue Creation.


www.nancysinatra.com
www.sanctuaryrecordsgroup.co.uk

chronique publiée le 22/10/2004


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