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Real Gone

Tom Waits
Anti - 5 octobre 2004

Tom Waits sévit depuis assez longtemps sur Terre pour qu’on le soupçonne d’avoir été phagocyté par les monstres de la débauche et de l’alcool, pourtant…
Faut-il croire que ce chantre des effluves hautement chargées en humeur, maintes fois ressuscité, rebondit à chaque cuite (ou chaque cure de désintoxication ?…) et nous assène à chaque fois un bon coup derrière l’occiput ?
On ne se lassera jamais de sa sempiternelle voix éraillée et fatiguée (les considérations concernant ses sevrages sont finalement superflues), et on croira dur comme fer que ce bon cher Tom tire toute son énergie de ses pérégrinations dans les divers bars bouseux qu’il fréquente assidûment, et de la présence surnaturelle des esprits bienveillants qui habitent les bayous.
On retrouve dans ce nouvel album les mêmes émotions qui se dégageaient des images et des atmosphères si particulières de Down By Law, où Jim Jarmush filmait Tom, Roberto Benigni et John Lurie dans les tréfonds des prisons et dans les obscures forêts du bayou de la Nouvelle-Orléans.
Croyances occultes, mythes de l’artiste maudit et vie éphémère sont le terreau de Real Gone.
Contrairement à son prédécesseur Alice, qui tirait son essence dans le cabaret de Kurt Weill, celui-ci puise son inspiration dans le blues. La voix hantée de Tom Waits se mêle sans concession avec des compositions très inspirées, comme le triste Hoist That Rag, les très « bluesy » Sins Of My Father et Shake It, qui ne sont qu’une partie des multiples pépites qui ornent ce bel ouvrage. En définitive, c’est bel et bien l’esprit torturé et mélancolique de Tom Waits qui retrouve ses droits. Ecoutez How Is It Gonna End ou encore Dead And Lovely pour vous rendre compte que la souffrance n’est pas un vain mot et que des interprètes de sa trempe ne badinent pas avec ces choses-là .
Reportez-vous à l’œuvre de Charley Patton ou de Robert Johnson pour saisir l’intemporalité manifeste du Blues ; Tom Waits n’en est que l’un des plus talentueux disciples, même s’il se permet quelques égarements funk à la Dr. John sur le magnifique Maket It Rain et sur Chick A Boom, ou folk, avec un hommage ( ?) à Dylan sur Day After Tomorrow.


www.officialtomwaits.com
www.anti.com

chronique publiée le 22/10/2004


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