19/10/2019  |  5245 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/10/2019 à 17:52:45
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
Discovered Covered : The Late Great Daniel Johnston

Various Artists
Gammon Records - 21 septembre 2004

Une main serrant un Diet Coke, l’autre posée sur le ventre, Daniel Johnston est à l’instant présent entrain de laisser couler lentement les minutes à Austin. Il regarde ses pieds, se dit qu’il va être en retard à la messe, voit un ver de terre texan, se demande s’il n’y aurait pas un peu de Satan dedans, qui les regarde, lui et son destin, ici dans la sédentarité la plus totale. Il se dit qu’il va pouvoir écrire une chanson là-dessus, et que, de ce fait, il est vivant.

Inutile alors ce recueil de reprises de groupes et artistes relativement indépendants (allant de Clem Snide à Vic Chesnutt en passant par TV on the radio), cherchant à montrer leur amour du maître et n’arrivant qu’à pondre des caricatures d’eux-mêmes sur 4 minutes (Tom Waits et Beck en tête de liste). Le résultat appelle au soupir, comme quand on ouvre une supposée crème aux œufs au caramel, et qu’il n’y en a aucun au fond. Va me dire que Conor "Bright Eyes" Oberst ( dont la reprise de Devil Town entraîne à coups surs l’ejection express du cd hors de la platine de quiconque pleurant à chaque écoute de 1990) est plein de ce caramel pur et tremblant que Daniel Johnston répand sur le monde par milliers de chansons, cassettes, cds depuis une vingtaine d’années.

À garder, tout de même, la participation irréprochable du tout aussi mystifiable Jad Fair sur My life is starting over again avec Teenage Fanclub ainsi que Rock this town, avant-goût du dernier album de l’homme responsable à plus de 50% de ma persistance sur cette terre (également à l’origine de grands moments d’euphorie solitaire dans les couloirs du lycée lorsque grésillent dans mes oreilles ses reprises des Beatles ; de raisons d’aller parler, hésitante et honteuse, à Jeffrey Lewis ; de larmes séchées toute seule, comme une grande, à l’écoute en boucle de tears stupid tears ; de rencontres nocturnes, ivres, vitales, et de cette chronique dispensable).

Étant incapable, par mon amour aveugle pour Daniel Johnston et son univers aussi dense que divers, d’écrire quoique ce soit de consistant et d’apprécier cet album de reprises, il est de mon devoir de vous renvoyer à Everett True (la note élogieuse, émouvante et méritée à l’intérieur du livret est de lui), grand monsieur qui a fait faire cet hommage et dont vous pourrez retrouver les écrits quotidiens sur le blog de son journal (Plan B).


www.hihowareyou.com
www.rejectedunknown.com
www.planbmag.com/blogs/everett/

chronique publiée le 15/11/2004


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire