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Frank Black Francis

Frank Black Francis
Cooking Vinyl - 2004

C’est de notoriété publique depuis les débuts des Pixies : en plus d’être habité quotidiennement par le démon du rock ‘n roll sauvage, Frank Black aime bien gagner de l’argent (et il a toujours eu la franchise de l’avouer). On se dit donc que le monsieur abuse sérieusement quand on voit arriver un énième album posthume des Pixies (cette fois, les premières démos enregistrées par celui qui se faisait alors appeler Black Francis)… Et puis, surexcité par le triomphal et tonitruant retour scénique des Pixies, on se dit qu’il serait bête de passer à côté des versions dépouillées de titres désormais rentrés dans l’histoire. La récente publication du coffret de Nirvana - With the lights out - l’a prouvé une fois de plus : avec une guitare et une voix, les bonnes chansons sont souvent encore meilleures. Le héros (parmi d’autres) de Kurt Cobain le prouve à son tour avec quinze titres captés en 1987 par le futur producteur de Come on Pilgrim, Gary Smith. Et là, ô surprise, il y a déjà tout alors que les Pixies s'apprêtent à pénétrer dans un studio pour la première fois : la voix écorchée, les compositions à rebondissement, les atmosphères tordues… Malgré l’enregistrement sur un Walkman (amélioré sans doute… ) et le relatif manque de coffre du chanteur (après tout il n’a aucune raison de forcer sa voix), on se retrouve donc devant un best of Frank Black Francis aux relents folk, mais joué avec des cordes en fil de fer barbelé. Les fans des Pixies se doivent de posséder ce document incomparable ; et c’est reparti pour les dépenses inconsidérées servant à engraisser Frank Black (qui n’a pas besoin de ça) ! Mais celui qui vient tout juste d’être papa a été pris de remords, il a ajouté un deuxième C.D. enregistré lors d’une session avec les Two Pale Boys (Andy Diagram et Keith Moliné). Il s’agit des meilleurs titres des Pixies triturés avec trompette, boucles électroniques, violon et (assez peu de) guitare par les deux musiciens de David Thomas. L’étonnement passé (les morceaux ressortent transfigurés de ce traitement sonore de choc), l’auditeur appréciera à sa juste valeur l’audace et le sens inné de l’expérimentation du trio, qui fonctionne à merveille. Et l’on se demande alors pourquoi Frank, Andy et Keith ne composeraient pas ensemble à l’avenir (après l’album espéré des Pixies, bien sûr) ? Et voilà, Frank Black (Francis) a réussi une nouvelle fois à nous dépouiller du peu d’argent qu’il nous restait après ses braquages discographiques répétés. On repart donc encore avec les poches vides mais le sourire aux lèvres… en espérant ardemment avoir une autre occasion (aussi réussie) de casser notre tirelire !


www.frankblack.net
www.4ad.com/artists/catalogue/pixies/
aleceiffel.free.fr/

chronique publiée le 13/01/2005


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