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Funeral

The Arcade Fire
Merge - 2004

On a souvent pu lire que The Arcade Fire était la sensation de la fin 2004. On peut maintenant affirmer que The Arcade Fire est aussi la sensation de ce début 2005. L’album Funeral, objet de toutes les convoitises, ne sortira en France qu’en février via le label Rough Trade. En attendant, magasins d’imports et autres peer-to-peer répandent partout la bonne nouvelle : Funeral est un album absolument exceptionnel.

The Arcade Fire appartient à la galaxie du post-rock canadien. Ce mouvement hétérogène et circonscrit à la petite bourgade de Montréal a accouché de petites merveilles comme Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mount Zion ou Molasses. Caractéristique principale : la formation d’une constellation d’étoiles plus ou moins éphémères et poreuses entre elles. Le label qui chapeautait le tout fut ainsi appelé Constellation.

The Arcade Fire ne fait pas strictement parti de la constellation mais s’en inspire assurément. Son goût pour les grands espaces et les compositions complexes en témoigne. Le groupe canadien est cependant plus accessible que ses confrères : malgré le chaos ambiant, une unité simple et fragile se dégage de cette musique. Et tout est dans le titre, Funeral, comme cette chape de plomb qui tempère et tempête les ardeurs du groupe. Funeral aussi pour « une raison non imputable à la production » : plusieurs proches du groupe sont en effet morts durant l’enregistrement de l’album. Une Année Sans Lumière, comme l’annonce un titre de l’album.

Funeral suinte littéralement de cette brisure, de cette absence de lumière, de ce vertige des âmes. Pour faire passer le tout, les deux architectes que sont Win Butler et Régine Chassagne invitent beaucoup de leurs potes à jouer par-delà le désastre. Des guitares bien sûr mais aussi des violons, un xylophone ou un accordéon. Résultat : de multiples strates musicales, de nombreux recoins et pas une seule seconde pour s’ennuyer.

Un album pour tous, tout le temps et dans toutes les positions.


A lire également, la chronique du deuxième album d'Arcade Fire, Neon Bible, ainsi que des comptes rendus de concerts d'Arcade Fire à Paris au Parc de Saint-Cloud, au Nouveau Casino et au Studio 104.


www.arcadefire.com
www.mergerecords.com


chronique publiée le 18/01/2005


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