21/09/2019  |  5232 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 19/09/2019 à 14:39:42
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The Dresden Dolls

The Dresden Dolls
8Ft. Records - 2004

Duo arty fondé à Boston au début du siècle nouveau, chéris par le NME et la presse graisseuse, soi-disant annonciateurs de révolution rock piano-bar à chanteuse énervée des années 2000, The Dresden Dolls ne tient aucune promesse, à l’exception d’être vulgaire et drolatique à son insu.

En effet, The Dresden Dolls est aussi glam qu’une soirée karaoké QUEEN au House of live avec des serveuses hongroises de 21 ans qui demandent fébrilement « Quoi ? Deux double cheese ? » entre I want to break free et Another one bites the dust. L’enchaînement de chansons s’effectue donc avec un changement de piste du bout du doigt toutes les 20 secondes pour ne pas mourir étouffé.
Aussi crédibles qu’une bande de fans de The Parisians avec leurs minijupes et leur tiags en python de synthèse « Ouais, comme Patrick Eudeline, top punk » volées à maman pendant qu’elle cuve son whisky (ou qu’elle travaille à la banque), leur genre cabaret allemand H&M (visage à la farine, bas noirs et blancs, costumes trois pièces luisants) est à se bouffer les doigts.
The Dresden Dolls : pas moins Riot Grrl que Bonnie Tyler, après le « J’ai vraiment besoin d’un héros / yeah » de l’immonde, voici le fameux, le tragi-comique « J’ai descendu les poubelles aujourd’hui / je pète le feu » de la jeune (et même pas vraiment bonne tant son maquillage de collégienne goth meets sosie de Lisa Minnelli fripée est répulsif) Amanda Palmer qui martèle le piano à donner des envies de faire pareil avec la galette de son groupe contre du crépis de parking.
Comme créé pour satisfaire toutes les sales envies, The Dresden Dolls n’oublie personne. Le fan de jeux de rôles et de Buffy contre les vampires à peine pubère aura sa dose de clochettes, de tendances petits sons féériques, et B.O. parfaite de l’ouverture d’un teen movie de type ça-y-est-on-par-en-vacances-sans-nos-vieux-on-va-prendre-de-la-drogue-trop-cool avec le presque mémorable single « Good day », digne d’un bon vrai groupe de bouseux. Surprise, ami des elfes et des tueuses à gages très pales, ça le fait grave avec tout les autres.

Et, puisque j’aime finir hors propos. N’ayant trouvé ici ni fille énervée, ni révolution, je me le permets à nouveau :
Un groupe comme Sleater-Kinney avec « Dig Me Out », que je n’ai bien évidemment pas connu à sa date de parution, étant alors en CM2, est capable - bien que moins rageur, râpeux, fiévreux et sexuel qu’un seul morceau de Bikini Kill - de créer ce qui n’est autre une réelle et concrète révolution intime. Les mélodies tout bonnement parfaites et la basse ronde comme les seins de Corin Tucker, Miss voix fantasmagorique n°2 des 90s après Mme K. Hanna. Il est question de frisson et de sauts. Et, au fond, ce n’est que ça qui tient.


www.dresdendolls.com
www.theparisians.fr.st

chronique publiée le 06/02/2005


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