03/09/2010  |  3794 chroniques, 114 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2010 à 12:34:28
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
Exquisite Corpse

Daedelus
Ninja Tune - 2005
ELECTRO / TECHNO / HOUSE
Depuis plus de 10 ans, Matt Black et Jonathan More (aka Coldcut) offrent aux curieux sonores, grâce à leur label, la possibilité de découvrir le lien obscur entre le maniaque du sampler et boîtes à rythmes en tous genres et l’érudition des collectionneurs de vinyls.
D’Amon Tobin en passant par Herbaliser ou Mister Scruff, les multiples artistes Ninja Tune explorent avec beaucoup d’entêtement une musique (qui n’en pas vraiment une !…) qui a le rare mérite de raviver nos neurones et de renforcer les muscles de nos jambes.
Daedelus, nouveau venu de la West Coast des Etats Unis (L.A. plus exactement) et fraîchement débarqué sur le label londonien, nous propose un album, Exquisite Corpse (sic !), dont les agitations épileptoïdes sonores risquent d’ébranler bien des fonctionnaires « underground ».
Dés l’ouverture, l’auditeur sombre dans une torpeur onirique où le mystère est à chaque ornement sonore ; Dearly Departed, avec ses magnifiques cordes, son rythme bossa et sa voix chatoyante à la Nancy Sinatra qui susurre « I Would say Goodbye » ouvre la voie d’un périple qui se voudra assurément festif et truculent.
A l’écoute des multiples samples de cordes qui fleurissent chaque morceau, on sent que Daedelus s’est régalé à réécouter les comédies musicales des années 50 - Vincente Minelli, Stanley Donen et consorts - toute une époque, naïve et idéaliste, qui reprend vie grâce à un maniement d’orfèvre qui vous plongera dans une mélancolie déliquescente et délicieuse.
Les guitares acoustiques ne sont pas en reste, et la couleur tropicale qui les habille se joue de la rythmique jazz qui bat implacablement la mesure sur Just Briefly, tandis que de sombres samples de cordes imprègnent chaque beat.
Parfois des mélopées de piano légèrement décalées (on pense à Durutti Column période Without Mercy) donnent aux compositions une ambiance recueillie voire ostentatoire (Now & Sleep (starring Laura Darling)).
En guest, on peut entendre Mike Ladd et son flow très « Lou Reedien » enluminé par de somptueux cuivres dignes de George Gershwin sur Welcome Now.
Ce capharnaüm de rythmes chaux et endiablés, de voix entremêlées et de samples de B.O. bien senties brille d’harmonie et d’allégresse jusqu’à proposer en fin de disque, un Thanatopsis où la guitare folk doublée des onomatopées d’Hrishikesh Hirway est mise en lumière par des samples de cuivres tout droit chipés à Ennio Morricone, tout cela sous l’obédience d’un Nick Drake sous acides !…
L’album se termine par une collaboration avec TTC, teintée d’un gimmick « pop » et de la fameuse propension du collectif français à éructer des paroles surréalistes.
En somme, un somptueux album « down-tempo » halluciné où il fait bon flâner et s’égarer…


www.daedelusdarling.com
www.ninjatune.com

chronique publiée le 21/04/2005

Partager


    foutraque
      
nous contacter  |  l'association  |  devenir partenaire