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…Yes, you're dead!

HitchcockGoHome!
Drunk Dog / Chronowax - 10 mai 2005

Janvier 2005 : le premier album de HitchcockGoHome! sort en catimini chez Drunk Dog (label parisien de Whopper et Porcelain). Le succès est au rendez-vous ; le bouche à oreille aidant, Chronowax décide de distribuer l’album à l’échelle nationale à partir du mois de mai.

Quelle musique se cache donc derrière ce quintet composé de Fanny, basse et chant, Martin, guitare, banjo et chant, Guillaume, guitare, Sylvain, guitare et chant et Jean-Christophe à la batterie ?

Instrumentales ou accompagnées d’une voix, HGH compose des chansons à la sensibilité exacerbée, au caractère émotionnel particulièrement déconcertant et arrive à installer des atmosphères uniques en quelques accords et arrangements habiles. Quand Blank s’installe petit à petit avec un banjo digne des plus belles promenades au bord d’un Mississippi vierge et accueillant, la voix douce, triste et feutrée nous transporte vers de nouveaux paysages… désertiques, les cuivres apportant une touche Mexicaine des plus captivantes. Six minutes après (le temps passe vite avec HitchcockGoHome!), Coward Song bat la mesure, les fûts, vifs et saccadés résonnent. La production est efficace, le refrain sonne le glas à une douceur qui se transforme en tempête, âgitée, apocalyptique, la guitare crie, souffre : efficace. How to stop it know : la mélodie est triste, le cafard s’engouffre inévitablement, comme un lâche. Ouverture instrumentale marquante, la voix surgit soudainement et vous laisse accablé de toutes les peine du monde. Un interlude pour remettre l’auditeur sur le droit chemin, banjo en avant, c’est le Coward theme qui s’en charge et qui laisse place à Night falls et son post-rock mélancolique, solide comme une meule de foin ; End of me s’enfuit vers des contrées sombres et surréalistes puis la lumière revient avec Misty, colérique, la température monte d’un cran. I’m not dead déclame le groupe dans un tourbillon de riffs saturés, machiavéliques. Les voix s’enlacent, homme et femme ne font plus qu’un. J’ai probablement trouvé la chanson qui sera jouée en boucle lors de mon enterrement, mélodie sobre tout comme l’est Funeral Party de The Cure. Pour terminer, un constat amère, qu’avons-nous fait ? : What have we done ? Pour ma part je pense sincérement que HitchcockGoHome! vient de signer le plus bel album de l’année dans cette catégorie.

Les Joann Sfar de la musique, grâce à leurs influences diverses (de Nick Drake à Sonic Youth en passant par Godspeed ou dEUS), délivrent un album délicat, orageux où les mélodies sont palpables, touchantes. Un nouveau venu promis, je l’espère, à un avenir radieux.


www.hitchcockgohome.com
www.drunkdog-records.com

chronique publiée le 26/04/2005


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