15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Fond

The Fire Engines
Rev-Olà / Creation Records - 1992

A cette époque, il n’existait pas de matraquage médiatique ou de mondialisation, juste un bouche à oreille pertinent, sincère et une presse spécialisée pleine de probité et de passion. Quand la musique des Sex Pistols, des Buzzcocks, des cousins d’outre Atlantique et des caraïbes ourdient d’indéfectibles liens entre les teenagers d’Edimbourg et de Glasgow, cela donne lieu à l’éclosion d’une scène locale d’une extraordinaire richesse qu’on ne se lasse pas de (re)découvrir maintenant.
Alan Mc Gee ne s’y était pas trompé en rééditant en 1992 l’intégrale de leur courte mais fulgurante carrière, sur une branche spéciale (Rev-Olà) de son défunt label maison Creation Records.
Ces scories lunaires tombant du ciel de Glenn Rothes sont autant de sarabandes circonvolutives que d’alternatives à l’alacrité Pop d’Orange Juice et aux atermoiements romantiques de Josef K.
En mélangeant Talking Heads, Television, DNA, Punk et Northern Soul ; on ne pourra que succomber au charme vénéneux de ces guitares efflanquées, incisives et aussi urgentes que le but d’Archie Gemmill contre la flamboyante équipe de Resenbrink de 1978. Des accords impis, libérés de toutes obédiences académiques, véritablement rupestres dans cette façon d’agripper sans ménagement la mélodie et cette propension à déclencher des velléités de danse de Saint-Guy.
Du premier single très punky Get Up and Use Me de 1980 (repris par Franz Ferdinand) jusqu’à Big Gold Dream sorti en 1982, Fond contient l’essentiel d’un groupe qui avait l’habitude de jouer 30 minutes montre en main et le dos au public !
Des magnifiques instrumentaux avant-funk, Discord et Hungry Beats, jusqu’à la très militante reprise de Heaven 17, We Don’t Need This Fascist Groove Thang !, les Fire Engines portent à bout de bras toute une génération pour qui le rock pouvait prétendre à sédition et gymhkana éthyliques dans les rues d’Edimbourg.
Tous ces joyaux à l’état brut permettront à un grand nombre d’apprécier les dignes rejetons engendrés plus tard, des Pastels à Jesus And Mary Chain en passant par Franz Ferdinand : une filiation merveilleuse et miraculeuse !


chronique publiée le 06/08/2005


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