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Capture/ Release

The Rakes
V2 Music - 2005

Vous n’avez pas aimé Maxïmo Park, vous exécrez Bloc Party, vous n’avez pas envie de connaître les Futureheads ? Alors apprêtez-vous à haïr cordialement les Rakes. Tant qu’il y aura une trace de vie sur terre, l’Angleterre éprouvera toujours le besoin irrépressible de s’exciter pour le premier groupe venu, s’il est en mesure de lui fournir sa dose d’espoir et d’excitation en une poignée de singles. Parfois cela donne les Stones Roses, Blur, Supergrass ou Franz Ferdinand, souvent un gros pétard mouillé dans le genre … non, la liste serait trop longue.

De ces sésames pour la gloire, Capture/Release en est gorgé. D’entrée, Strasbourg cloue les septiques au piquet, une décharge punk aussi primitive que raffinée, amplement suffisante pour filer à ces quatre Londoniens l’Alsace et la Lorraine. A peine le temps de dire merci que Retreat rend un hommage appuyé aux dix ans de la Britpop. Refrain imparable, riffs infernaux, basse qui embrasse le dance-floor et paroles existentielles où Alan Donohoe – asperge blanchatre à mèche et surdiplômé en biologie – se demande s’il doit sortir le samedi ou rester chez lui. Suit 22 Grand Job, tube saccadé et retords, où il est question des boulots alimentaires à 22 livres la journée qui font le mérite du modèle libéral anglais vanté chez nous par un cocu, court sur patte et migraineux. La partie est déjà gagnée, les vieux grincheux sont perclus de crampes à force de se déhancher. Open Book finit d’achever la concurrence. L’usine à tubes peut ensuite s’atteler à la confection de pièces plus tordues, déstructurer ses compositions et tout comprendre à Wire (Violent, qui n’a pas volé son nom).

Mais la meilleure cartouche, les Rakes l’ont gardée pour la fin avec Work, Work, Work (Pub, Club, Sleep), hymne urbain et BO à venir de toute une génération, le Common people des années 2000, la perfection faite pop. Noyé dans le quotidien, loin d’un romantisme rock en toc, Capture/Release évoque ces bars où l’on traîne trop, ces facs lugubres et cette existence qu’on voudrait sublimer. Avec humour, toujours, car nous sommes ici en présence de garçons de bonne éducation qui vous disent Sorry après vous avoir asséné une bonne décharge punk en pleine tronche. Une bande de gendres idéaux, à l’image de leur guitariste Matthew Swinnerton, qui préfère rester dans sa chambre d’hôtel la nuit tombée plutôt que d’aller sniffer de la cocaïne entre les cuisses d’un mannequin suédois. Il pourra toujours se rattraper. Ses râteaux sont promis à rencontrer de nouvelles copines.

A lire également : les chroniques des concerts de The Rakes aux Trans Musicales de Rennes, en décembre 2004, à Toulouse, en mai 2005, et à Tourcoing, Clermont-Ferrand et Paris, en novembre 2005.


www.therakes.uk
www.v2music.com

chronique publiée le 07/10/2005


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