15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Dead Cities, Red Seas & Lost Ghost

M83
Gooom - 2003

Première écoute : premières impressions.

Etendu paresseusement dans l'herbe, les yeux dans le ciel, au bord de l'eau : la musique de M83 produit cette sensation de détente propice aux rêveries éveillées. Un léger voile de fraîcheur caresse la peau. Le ronronnement du moteur d'un avion se fait entendre au loin, en haut. Ainsi donc M83 produirait une musique d'été, fraîche et légère ? Difficile à croire pourtant.

L'esprit se fait léger en se libérant du carcan de la raison et se prend à voir des formes dans les nuages : tient celui-là ressemble au Loveless de My Bloody Valentine, nœuds d'ondulations entremêlées résonant de subtiles et éphémères harmonies. Puis un battement d'ailes de papillons quelque part loin ailleurs modifie subtilement l'apparence du nuage : maintenant c'est plutôt le Discovery de Daft Punk. Non ! Non ! ! Spiritualized, à l'éther flottant dans l'espace ! L'esprit poursuit le fol court de ses errances : un Jean-Michel Jarre, vieux morceau dans lequel il est question d'un rendez-vous manqué entre un homme et une navette spatiale… Ou bien plutôt un Vangelis façon Blade Runner. A moins que ce ne soit Angelo Badalamenti sur Twin Peaks, inquiétant nuage… Une masse brumeuse en forme d'Air se dessine quelques instants avant de s'étioler dans le vide bleu : l'écoute est finie.

Ecoutes suivantes : autres impressions.

Surpris par la liberté que s'est auto-accordée l'esprit lors de la première écoute, une replongée dans le disque semble nécessaire afin de rationaliser toutes ces premières sensations éparses.
Et plusieurs replongées même !
Et volontiers en plus !

Dès les premières secondes, M83 décolle puissamment pour se placer vite, très vite, à haute altitude, très haute altitude. Celle des supersoniques. Celle du mur du son. Le vaisseau est de conception désormais classique (pour 2003) : du rock pour la structure et des ondes électroniques pour la propulsion. Classique mais tout de même surprenant de performances : l'engin glisse sur les nappes synthétiques lisses ou bien sursaturées. Il navigue aisément dans les strates soniques du bombardier Godspeed You! Black Emperor, entrelace ses courbes de résonances à celle de Spiritualized et se permet même de glisser dans les ondes de turbulence de l'ovni My Bloody Valentine. Quelques trous d'air le rapprochent du sol (à moins que ce ne soient des défaillances typiques des vaisseaux de cette perfection ?) mais ce n'est en fait que descendre pour mieux remonter. Plus haut. Encore plus haut. L'appareil se déleste alors de sa structure porteuse afin de s'alléger et se rapproche quelques précieux instants des étoiles…

La phase de descente s'amorce imperceptiblement. En douceur. Le vaisseau est au sol. L'atterrissage ne s'est pas fait sentir.
Mais est-on bien au sol ?


www.ilovem83.com
www.gooom.com


chronique publiée le 07/07/2003


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