22/09/2019  |  5233 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/09/2019 à 11:27:25
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You girls (EP)

Gülcher
Future/NOW - 2005

Il y a parfois des légendes urbaines tenaces et Gülcher doit maintenant en faire partie. On les dit dandies, on les dit charmeurs. Ce qui est sûr, c’est que Gülcher est unique dans le paysage musical hexagonal. Aucun groupe n’a ce charisme inné, aucun groupe n’a cette faculté naturelle d’écrire des hymnes pop aussi entraînants, aussi marquants, aussi bluffants. Les influences sont ici digérées, Gülcher est unique dans le sens où il magnifie les musiques que ses musiciens aiment, en s’appropriant les facettes punk, pop ou bien encore glam de manière à les fusionner ensemble. Gülcher, avec un premier EP sous le bras, You girls, apporte une alternative jouissive à notre scène pop/rock hexagonale. Lawrence, le chanteur anglais au timbre de voix sensuel et plutôt sexy (les filles risquent de tomber à ses pieds et les mecs seront forcément jaloux !), peut faire penser à Brian Ferry et à ses Roxy Music époque Love is the drug. Ronan derrière sa batterie s’agite comme le fait Danny « Supergrass » Goffey, aussi survitaminé : finesse de jeu, subtilité, sensibilité se mêlent a un jeu plus débridé à la manière d’un Steve « Pavement » West. Alexander Faem (ndr, un pseudo, je vous laisse trouver qui se cache derrière celui-ci) balance ses riffs avec une décontraction déconcertante, les refrains s’impriment et s’immiscent comme par enchantement à l’intérieur de votre cerveau. Alexandre Rouger, et ses lignes de basses efficaces, mène le groupe sur les voies rythmées d’une musique « PFunk » (punk/funk). Quand les premières notes de You girls s’éparpillent dans la pièce, je suis certain d’une chose : ces mecs là veulent offrir du plaisir. Une chanson pop dans la pure tradition anglaise. Des chœurs expressifs, une rythmique sautillante, un refrain entêtant : le morceau parfait, qui, s’il était paru en Angleterre, serait obligatoirement bien placé dans le Top 10 des charts UK. La France est cruelle et ne laisse pas la place aux groupes chantant en anglais (cf Tahiti 80, Phoenix, Fugu, Readymade FC, Jack The Ripper…), il faut juste le savoir, et se faire distribuer et entendre au-delà de nos frontières. Set the record straight, l’amertume d’une vie, l’amertume des complications : « Sex has become complicated rather rent a movie x-rated » (Le sexe est devenu trop compliqué mieux vaut louer un film porno). Sur un air mélancolique, Lawrence déclame son incompréhension, la guitare est larmoyante, la batterie donne le ton et la basse lascive est proche du gouffre. Tristesse pesante, mais le goût de vivre ne revient-il pas en écoutant simplement un disque qui vous donne la pêche ? L’écriture la partie la plus difficile d’une chanson (texte, mélodie…)... The Writers, pendant ses 6 minutes 30, vous enverra vers des contrées pop, punk et un brin ska sur le refrain. Splendide composition, qui fait de Gülcher une bande à part au talent indéniable. Le EP s’achève sur un remix de The Writers revisité par Krikor, ça sonne comme du James Murphy de LCD Soundsystem, mais démembré ! Gülcher est une valeur à suivre, que ça vous plaise ou pas. Je terminerai par ces quelques mots en anglais : All I want is you and more than this !


www.myspace.com/gulcher
www.gulcher75.com
www.futurenow.fr

chronique publiée le 18/12/2005


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