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The Life Pursuit

Belle and Sebastian
Rough Trade - 6 février 2006

Pour vous vendre ce - magnifique - septième album de Belle and Sebastian, on vous dira que Stuart Murdoch est enfin devenu adulte, qu’il a abandonné les courbettes à Felt, renié ses marottes de vieux garçon et en a terminé avec ses comptines pour popistes buveurs de thé. Lui-même reniera pour l’occasion ses premiers disques, en bon timide repenti. Pourtant, Tigermilk et If Your Feeling Sinister restent des refuges pour mélodies délicates, trop haut perchés pour la concurrence. Un groupe capable de vous faire pleurer sur une ballade drakienne (Like Dylan In The Movies) ou d’écrire la meilleure chanson des Smiths (I Don’t Love Anyone) occupe forcément une place particulière chez l’amateur de pop cultivée. Pas loin de la première.

En 2003, avec Dear Catastrophe Waitress, Belle and Sebastian surprenait déjà son petit monde. Le groupe quittait les artisans de Jeepster pour la PME Rough Trade et appelait Trevor Horn (Frankie Goes To Hollywood) pour pervertir leur son. Un blasphème pour les plus dévots de leurs fans, mais le groupe convertissait enfin les cœurs hermétiques à leur univers douillet.

Produit par Tony Hoffer (Beck), The Life Pursuit achève la mue. Belle and Sebastian se débarrasse de ses derniers boutons. Stuart Murdoch muscle son songwriting et nous amène à défricher un pan inexploré de sa discothèque. White Collar Boy et ses chœurs drague Spector. On distingue même un solo de Marc Bolan sur le coolissime The Blue Are Still Blue. Si elle n’est pas encore sexuelle, la musique de ces anciens premiers communiants devient dangereusement sensuelle (Song For Sunshine). Murdoch lance des œillades à la Californie, prend la route dans l’Américaine de Morrissey pour rendre visite à Henry Mancini (We are The Sleepyheads).

Contrairement à ses aînés, The Life Of Pursuit ne craint pas le soleil et se sent à l’étroit dans les chambres mal aérées. Ce qu’il a perdu en fragilité, Belle and Sebastian l’a gagné en assurance. Avec Funny Little Frog, les hits-parades se rapprochent. Le collectif grouille toujours d’idées, d’arrangements soyeux et signe son morceau de bravoure avec le baroque Acte Of Apostle II.

Libre de son propre culte, la petite communauté de Glasgow met sa paroisse à sac et brûle ses guitares en bois. Le résultat produit encore des étincelles.


A lire également, le compte rendu du concert de Belle And Sebastian à la Coopérative de Mai, en mars 2004.


www.belleandsebastian.com
www.roughtraderecords.com


chronique publiée le 01/02/2006


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