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Sessions

Sébastien Tellier
Record Makers - 4 avril 2006

Sébastien Tellier n’est vraiment jamais là où on l’attend ; tranchant radicalement avec ses précédentes productions électro psyché pop chanson, son nouveau disque est en effet un enregistrement live en studio en formule piano/voix, avec claviers et guitares épars.

Bouclée en une journée - fin décembre 2005 - avec le pianiste Simon Dalmais, cette session permet une nouvelle fois de révéler L’incroyable vérité au monde entier : sous ses faux airs d’indécrottable bonimenteur entré en Politics au cours de la campagne électorale 2004, se cache un brillant musicien capable de faire le pitre avec le plus grand sérieux, d’émouvoir avec des mélodies extra terrestres, de faire planer avec une ritournelle, de donner l’impression d’écouter une BO de film classieux des années 70 ou de magnifier un vieille scie de Christophe comme La dolce vita. Oui, Sébastien Tellier est capable de faire tout ça ! Et bien plus encore…

Celui qui apparaît sur la pochette avec une cigarette dans… le nez joue carrément au pianiste/chanteur de charme embarqué à bord d’une paisible croisière destinée aux retraités friqués. Dans son costume blanc cassé, notre homme prend sa tache tellement à cœur que le morne voyage se transforme en rêve éveillé… La salle de bal désertée par le public (qui attendait en fait un récital du détestable Pascal Sevran), Tellier s’autorise alors toutes les audaces, mais dans la plus grande sobriété : peu de notes, peu de paroles, mais des torrents de visions provoquées par une musique diaboliquement évocatrice. L’auditeur se voit en effet très bien dans ce palace flottant décoré de manière kitsch, il voit défiler toute une série de tableaux oniriques, avant de sombrer vers un inéluctable cauchemar. Et de se rendre compte que tel un capitaine refusant d’abandonner son bateau, le musicien reste accroché à son piano pendant que le paquebot coule lentement dans les eaux profondes. Quand la coque touche le fond dans un grand fracas, et que le disque se termine sur un inédit (Classic), on ouvre les yeux, ravi par la qualité du trip.

En véritable franc tireur retranché dans son studio, avec pour seules armes, un piano, une voix et des compositions aux allures de classiques, l’auteur de Sessions a accouché d’un disque joliment inclassable, en gardant les manières bizarres du précèdent rôle qu’il incarnait à l’écran, heu… sur disque : un guérillero cheguevariste voulant appliquer un programme musicalo politique iconoclaste. Avis à la population : le dernier disque de Sébastien Tellier peut provoquer de graves hallucinations. En tenir compte absolument, si vous devez prendre le volant, même sur une courte distance. Par exemple, entre la Terre et la Lune…


Sessions est disponible depuis le 24 janvier en téléchargement payant sur l’iTunes Music Store.


www.recordmakers.com


chronique publiée le 04/02/2006


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