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Chevrotine

Holden
Village Vert / Wagram - 20 février 2006

Avec l’explosif Chevrotine, le groupe français Holden dégaine pour la troisième fois, et ça tranche radicalement dans le paysage pop rock français en forme de mauvais Western ; l’univers de la musique d’ici est en effet encombré par des seconds couteaux qui jouent les premiers rôles en termes de ventes…

Que ce soit avec les excellents albums L’arrière-monde et Pedrolira, Holden n’a, quant à lui, jamais eu la chance de dépasser le succès d’estime. Ce qui est une véritable honte, si l’on considère la qualité des compositions ! Mais après tout qu’importe, Chevrotine s’apprête à atterrir dans les bacs, et l’on y retrouve tout ce qu’on aime chez ce groupe d’un talent rare : la voix superbe d’Armelle Pioline, la guitare insoumise et audacieuse de Mocke, les morceaux à l’inspiration versatile (pop, jazz, rock, musique électronique, chachacha, trip hop… ), les claviers aux sonorités aussi vintage qu’originales et la production soyeusement classieuse d’Atom Heart, le magicien des consoles se cachant parfois sous le pseudo de Señor Coconut

Enregistrés chez ce dernier, à Santiago du Chili, les onze morceaux sont autant d’invitations au voyage musical, tantôt langoureux, enlevé, dansant ou inspiré par les grands espaces américains, l’Espagne et les territoires de la chanson pop en français. Car s’il y a des accents rappelant la jeune Françoise Hardy dans le chant d’Armelle et si les textes – bien écrits – sont dans notre langue, le regard d’Holden dépasse nos petites frontières hexagonales, ce qui enrichit singulièrement son univers. En plus de cette ouverture d'esprit bienvenue, le groupe possède toujours la formule magique pour composer des chansons marquantes ; ce n’est pas un hasard si Jean-Louis Murat, peu amène avec ses confrères en temps normal, vient apporter sa caution au disque en chantant en duo sur un joli morceau intitulé L’orage, après avoir invité la chanteuse d’Holden sur Lilith.

En guise de conclusion, souhaitons à Chevrotine un meilleur sort chez les disquaires que ses prédécesseurs, malheureusement passés un peu inaperçus auprès du grand public. Cet album le mériterait amplement…


A lire également, des chroniques de concerts réussis donnés par Holden en 2003, à Paris plage et au Café de la Danse.


www.holden.fr


chronique publiée le 15/02/2006


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