23/09/2019  |  5233 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/09/2019 à 11:27:25
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
The revolution will not be televised

Audioactivism
Jarring Effects / PIAS - 2006

Lors de nos joutes verbo-esthéto-culinaires après les sessions de « street-buzz » hebdomadaire (la discussion au resto après l'affichage quoi), je me souviens avoir reçu en pleine poire le projectile suivant : « ...Mais au contraire du rock, le hip hop, lui, il s’est fait récupérer par les media di_rec_te_ment ». Aïe ! A ce moment là, je manque de m'étouffer. Je deviens tour à tour bleu, puis vert et me résigne enfin à ramasser mon restant de dignité en concédant, un timide: « Pas faux ».

Cependant, si le hip hop revendique son paysage immédiat, claquant voire même bling-bling, c’est aussi pour mieux le détourner et le réutiliser (le paradoxe du graffiti). Et heureusement, il reste toujours des innovateurs et des indépendants authentiques comme les douze artistes de la compilation Audioactivism pour nous rappeler ce credo mille fois samplé de Gil Scott-Heron : « The revolution will not be televised ».

Cette compilation de 12 morceaux rend donc hommage aux précurseurs du rap, qui auront plus tard influencé les clairvoyants lyricistes issus du mouvement "spoken word" que sont The Last Poet, Saul Williams... et bien d'autres: Assassin et NTM (sic et yo !) en France, dont je me rappelle avoir bu les paroles sur les bancs du lycée, le walkman à cassette vissé sur les oreilles.

Résolument hip hop dans l'ensemble, chaque artiste y va de sa touche personnelle pour nous distiller là, un son froid et dur (Grosso Gadgetto), de l'expé avec L'Oeuf Raide, un morceau plus progressif avec My Dog Is Gay (Abstrackt Keal Agram), voir même un tournant carrément drum'n'bass avec Red Bong. Les artistes plus connus ne sont pas en reste comme Interlope avec Possessed by TV, morceau hypnotique aux phases triturées mais néanmoins facile qui introduit directement Uzul prod sur un Cathodique et protestant un poil plus énervé.

A noter par ailleurs Led Pipperz (VJ de Hightone), avec un tout premier Millions already plutôt bien maîtrisé. Sans oublier Twelve, Aku Fen, R-Zatz et un superbe et sans concession Under control de Reverse Engeneering.

En guise de générique de fin, Feedle Grind (Ez3kiel), pose un éléctro-ambient qui conclut une compilation sur une impression de calme relatif; comme après une n-ième bataille; comme si on devait s'attendre à un prochain assaut des soldats de Jarring Effects, à suivre...

Epilogue : Même pas mort le hip hop !


audioactivism.free.fr
jarringeffects.free.fr

chronique publiée le 09/03/2006


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire