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Jacket Full Of Danger

Adam Green
Rough Trade - mars 2006

On aurait pu parler du nouvel album d'Adam Green en pilotage automatique, balancer vite fait mal fait de la repompe de dossier de presse (qu'on a pas reçu, mais qui doit contenir ce style de formules : "miniatures pop orfèvres", "Jonathan Richman sous acide" , etc etc). Mais non, Adam Green a beau faire des disques légers, on ne veut pas les prendre à la légère. Quatre albums en groupe ou en solo, dont au moins deux grands disques (le Moldy Peaches et surtout Friends of mine) l'ont installé dans le petit cercle des songwriters contemporains de première classe.

Les premières écoutes de Jacket Full Of Danger se révèlent pourtant décevantes. Ce nouveau disque n'a ni la splendeur et la simplicité de Friends of mine, ni la virtuosité mélodique de Gemstones (qui contenait déjà quelques creux). Surtout, elles révèlent le danger qui guette Adam Green, le "à la manière de...", entièrement contenu dans l'épaisseur prise par sa voix : il ne se contente plus de chanter, il joue avec, prend une grosse voix, gromelle, pastiche. Jacket Full... est donc un disque maniériste, souvent charmant dans les détails, mais décevant dans l'ensemble, ripoliné et vernissé d'une grande couche d'effets et d'imitations par un sale gosse qui a sûrement une connaissance très sûre de l'histoire du rock.

Sur les quinze chansons de Jacket..., on a souvent la désagréable impression que Adam veut ressembler à quelqu'un d'autre, barrer d'un trait de Tipp-Ex le "Green" de sa carte d'identité pour devenir Adam Sinatra, Adam King Cole ou Adam Walker (C-Birds, avec son chant hanté et ses choeurs moyen-âgeux, ressemble à une face B de l'album Scott 4, référence casse-gueule s'il en est). En attendant sûrement, dans les années à venir, Adam Cohen, Adam Dylan ou Adam Morrison... Alors que nous, ce qu'on attendait, c'était des morceaux qui soient tous du charmant calibre de Cast a shadow. Ce qu'on espérait, et que l'on guettera sur les prochains albums, c'était le retour du jeune Adam, songwriter bucolique, drôle et naïf. Un peu vert, et c'est comme ça qu'on le préfère.

A lire également, une chronique d'un concert d'Adam Green à Paris (Trabendo - juin 2005).


www.adamgreen.net
www.roughtraderecords.com

chronique publiée le 03/04/2006


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