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#4

The Telescopes
Antenna Records - 2005

Commençons par l’anecdote : les premiers maxis des Telescopes (1988-1989) sont sortis sur Cheree records, label connu pour avoir sorti l’un des premiers méfaits de Faith no More… Ensuite ce fut une signature chez Creation Records pour deux albums (My Bloody Valentine, Primal Scream, Jesus & Mary Chain, Spacemen3, et surtout Oasis - dont ils ont vendu 20 millions d’albums…). Un classement dans les charts anglais. Des Peel Sessions. Puis un long silence - huit ans -, et ce retour improbable… et certainement pas en grandes pompes.

Pourquoi cet historique ? Et pourquoi le qualifier d’anecdotique ? Parce que la notoriété passée des Telescopes n’a en rien altéré leur créativité, et parce qu’ils n’ont pas cédé aux sirènes du mainstream. Tout au contraire, ils leur ont tourné le dos. Mais attention, ils n’ont pas non plus renié leur passé : les Telescopes ont toujours eu - par exemple - un goût marqué pour les instrumentations riches et éclectiques (violons et cuivres dès les premiers maxis sortis à la fin des années 80 sur Cheree Records). Avec les années, ils ont pu affirmer ce goût. Et cette instrumentation est la signature des Telescopes. En fait, il devient très difficile d’identifier les instruments tant il y en a et tant ils sont bien intégrés à l’ensemble. Oh, on reconnaît bien quelques bruits de jacks de guitares, les guitares elles-mêmes, des violons, des cuivres, des pianos, mais sans que jamais ça ne soit flagrant. Et il en va de même pour les influences : on décèle Suicide, Third Eye Foundation, Franck Zappa, My Bloody Valentine, etc. Mais dans le lointain, toujours dans le lointain. Dans ce lointain, on distingue même les Telescopes eux-mêmes, les Telescopes d’autrefois. Car de leur passé indie pop psyché, ils ont gardé un certain feeling, et un grand talent de songwriters. C’est ce qui fait toute la différence : leur musique paraît si simple, si facile à faire… Pour certains, cet album a un côté « noise ». Je ne m’en étais pas aperçu… Eh oui, même quand ils s’attaquent à l’expérimental, ça reste accrocheur. Pourtant, avec ces ingrédients, il serait facile de se casser les dents, facile de tomber dans le kitsch. Le mixage témoigne lui aussi d’une identité affirmée ; les Telescopes savent où ils vont (sans doute ont-ils bien meilleure vue que les humains) : s’ils utilisent des sons rugueux, la musique ne prend pas pour autant une tournure agressive, et loin s’en faut - leur univers est d’abord un univers de douceur, inquiétant dans ses profondeurs seulement.

Que dire de plus sur cet album ? Il est différent à chaque nouvelle écoute, un peu comme s’il était réenregistré dans notre dos, tous les soirs, mais avec toujours la même charge poétique, forte. Oui, #4 est un peu le Livre de Sable, ce livre infini fantasmé par Borges


www.myspace.com/thetelescopes
www.antennarecords.com

chronique publiée le 17/04/2006


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