21/02/2018  |  4950 chroniques, 163 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/02/2018 à 17:54:40
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Discographie sélective / The Apartments et la scène néo-zélandaise

The Apartments
Various -

Je n'ai pas attendu la sortie de la saga Le Seigneur des Anneaux pour vouloir me rendre un jour en Nouvelle Zélande, jolie terre cinématographique pour Peter Jackson (mais aussi pour Jane Campion) qui décida d'y planter sa caméra pour mettre en image le livre de Tolkien.

En fait, dès 1991, je me demandais ce qu'il y avait de spécial dans l'air de Nouvelle Zélande qui pouvait engendrer des groupes aussi passionnants et indispensables que les Chills, les Bats, Chris Knox,… bref des héros à mon échelle personnelle qui perpétuent à leur façon une philosophie radicale du rock qui avait été pensé bien avant eux par le plus grand groupe du monde : le VELVET UNDERGROUND. Un rock artisanal, dépouillé voire austère. Un rock sans compromission donc. Un seul mot d'ordre pour tous ces groupes : demander à tous ces techniciens du manche (ses poseurs) de se rhabiller, à tous ces nullards habilement markétés et vendus comme la dernière merveille du monde par le N.M.E. et consorts d'aller voir à Top Of The Pops si j'y suis.

Mais voilà qui a entendu parler de ces groupes et surtout que sont-il devenus ?
Malheureusement, la scène néo-zélandaise n'a pas su dépasser les frontières de son propre pays. D'autres ont tenté l'aventure américaine (l'aventure technologique dans de grands studios américains aux prises du grand capital mais je m'emporte) en " FM-isant " leur son (leurs albums perdant alors leur charme si particulier). Ces derniers, à trop vouloir courtiser le marché américain et se rapprocher d'un succès qui ne viendra jamais, se sont brûlé les ailes tel Martin Phillips des Chills qui, de retour au bercail après un échec cuisant aux States, décidait de saborder son groupe. Il allait rejoindre la déjà trop longue liste des laissés- pour-compte du " rock pas comme les autres " Le même sort serait réservé aux Verlaines quelques mois plus tard.

Parmi tous ces auteurs compositeurs new-zélandais, si je ne devais en retenir qu'un, cela serait PETER WALSH, le leader de (feu ?) le groupe les APARTEMENTS, auteur de The Evening visits… , le secret le mieux gardé des années 80 avec Pacific Street des Pale Fountains.
Peter Walsh a composé quatre albums (sur une durée de plus de dix ans) remplis des chansons les plus douces et mélancoliquement euphorisantes qui m'ait été donné d'écouter. Des chansons refuges qui ont toujours pour moi une valeur inestimable. Des disques à chérir, à faire partager avec une poignée d'amis seulement (les plus proches). Le genre de disques que vous hésitez à prêter, avec l'appréhension que votre passion irraisonnable pour cette musique venu du bout du monde ne soit pas comprise.

Le second album, sorti huit ans plus tard, Drift, contient dix chansons composés la bave au lèvre par un type désespéré et solitaire. Des chansons pourtant moins noires, moins comateuses et étouffantes que sur le premier opus du groupe (l'extraordinaire Mr Somewhere qui bénéficie du soutien de Ben Watt d'Everything but the Girl ) mais tout de même des chansons terribles à écouter. Des chansons tout simplement magnifiques.

En 1995, Walsh nous refait le coup du chef d'œuvre et signe son meilleur album avec A life full of farewells l'album le plus lumineux du groupe que je vous empresse d'acheter instamment si vous ne l'avez jamais écouté (bande de petits veinards) et qui figure sur ma liste des dix meilleurs albums enregistrés ces trente cinq dernières années. Cette album n'aura qu'un succès d'estime à sa sortie. Depuis j'ai perdu de vue le combo néo-zélandais malgré un L.P. paru en 2000 (Apart).

C'est un peu comme si j'avais perdu de vue un ami.
Un jour, c'est sûr j'irai en Nouvelle Zélande.
Un jour j'irai chercher Peter Walsh chez lui, en Nouvelle Zélande.




chronique publiée le 12/04/2003


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