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Rather Ripped

Sonic Youth
Geffen - 5 juin 2006

La chronique d'un disque de Sonic Youth est un cadeau empoisonné. Une fois qu'on a dit que l'album est très bon, on n'a rien dit. Ce n'est pas une info, on le sait déjà, on s'en doute bien que le disque est excellent. Ce qu'il faut, c'est pouvoir le soupeser, le comparer aux quinze autres, lui trouver une place dans le train infernal que constitue la carrière du groupe. Pouvoir le placer en première ou seconde classe (ou cas exceptionnel, le reléguer dans le wagon-restaurant). Savoir ensuite lui trouver le bon wagon, là où il se sentira le mieux : la trilogie bruitiste (Evol, Sister, Daydream Nation), la première période "Geffen" (Goo, Dirty) ou l'âge adulte (Experimental Jet Set, Trash and No Star, Washing Machine).

Je ne sais pas si Rather Ripped, dernière production du quatuor new-yorkais, mérite la première ou la seconde classe. Tout ce que je sais, c'est que j'adore ce disque, comme j'étais tombé en amour devant Sonic Nurse en 2004. A une différence près : alors qu'il faut normalement entre 6 et 10 écoutes pour apprivoiser pleinement un album de Sonic Youth, Rather Ripped est moins sauvage au premier abord et deux écoutes attentives suffisent. Aussi pop dans ses instrumentations que dans ses structures (la moitié des chansons durent moins de 4 minutes), ce disque possède néanmoins cette force lancinante et quasi mystique qui irrigue tous les albums de Sonic Youth. Ce qu'on appelle, faute de mieux, le versant "sonic" du combo new-yorkais. Aussi indéfinissable qu'inaltérable.

Le format pop de Rather Ripped le rattache plutôt à la période Goo-Dirty, un moment où Sonic Youth a commencé à diluer sa force de frappe dans des impératifs commerciaux liés à la signature sur la major Geffen. Les fans hardcore des débuts ont pu crier au scandale, les autres se régalèrent de ce nouvel ordre sonique. Aujourd'hui, l'âge aidant, on fait plus facilement grâce aux New-Yorkais de lâcher un peu de lest du côté de la dissonance. Et pourtant, les cinquantenaires restent les messsies du larsen. Il suffit de voir leur récent concert à la Maison de Radio, où malgré le côté vieillot du cadre, Thurston Moore et Lee Ranaldo se sont offerts une séance de 10 minutes de dissonance, tentant même des slams sur le public. Comme des adolescents, défiant un service de sécurité imbécile.

Incinerate et Pink Steam sont deux morceaux de bravoure de Rather Ripped. Deux titres qui illustrent une nouvelle fois la théorie de l'edelweiss : la grâce pousse même en milieu hostile.


www.sonicyouth.com
www.myspace.com/sonicyouth
www.geffen.com

chronique publiée le 14/05/2006


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