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Black Sheep Boy

Okkervil River
Virgin / EMI - 9 mai 2006

Le groupe texan Okkervil River vient de faire paraître un joli disque de folk pop, tantôt exubérant, tantôt mélancolique. Intitulé Black sheep boy, ce recueil de morceaux extrêmement variés provoque des yoyos émotionnels aussi impressionnants que tuants ; ce n’est en effet pas très bon pour le coeur de passer ainsi sans crier gare de chansons émouvantes à faire pleurer une pierre à des titres euphorisants menés tambour battant… Et, bien sûr, comme toutes les choses déconseillées pour la santé, l’écoute du nouvel album d’ Okkervil River rend accro : une seule écoute ne suffira pas à rassasier l’amateur d’émotion fortes et contrastées, celui-ci en voudra plus. Pour se laisser bercer par les morceaux dépouillés gorgés de spleen, mais aussi pour se laisser emporter par la production luxuriante des compositions les plus enlevées de l’album Black sheep boy… Dont le titre est une chanson du songwriter folk Tim Hardin, qui a bercé le leader d’Okkervil River, Will Sheff, pendant la gestation du disque. Un album ou un nom de groupe emprunté à un titre de chanson ou d’album d’un artiste culte ne garantit pas forcément la qualité de l’œuvre - on a tous en mémoire les attentats auditifs commis par Starsailor, qui a tiré son nom d’un chef d’oeuvre de Tim Buckley -, mais là, c’est de bon augure. Car le groupe basé à Austin réussit à proposer des titres tutoyant les sommets fréquentés par Mr Hardin, mais aussi par Neil Young, Arcade Fire, John Lennon, The Flaming Lips, Otis Redding ou encore Belle and Sebastian. Parfaitement écrits, les morceaux sont produits avec classe (cordes, cuivres, mandoline, guitare slide s’ajoutent à l’attirail du groupe de rock « normal ») et joués avec un goût certain par les six musiciens (dont Jonathan Meiburg, l’excellent acolyte de Will Sheff dans Shearwater, aux claviers, à l'accordéon et aux choeurs) et interprétés avec une voix incroyablement versatile. Et l’on se retrouve avec un double cd du meilleur effet entre les oreilles, avec l’envie de le faire découvrir au plus grand nombre.

Sites Internet : http://jound.com/okkervil, www.myspace.com/okkervilriver.


chronique publiée le 15/05/2006


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