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Hello, Dear Wind

Page France
Suicide Squeeze - 12 septembre 2006

Certainement l’un des meilleurs albums de l’an passé, ce second LP du quartet (à l’origine singlet, puisque son leader, Michael Nau, avait commencé ce projet en solo) originaire de Baltimore passé un peu inaperçu lors de son pressage original chez Fall Records, se voit offrir une nouvelle chance maintenant que Suicide Squeeze, basé à Seattle et distributeur de quelques raretés signées Elliott Smith ou The Unicorns par exemple, s’apprête à redistribuer cette magnifique collection de chansons où la simplicité apparente mais directement belle des arrangements le dispute au didactisme poétique des paroles...

Abandonnant la formule folk lo-fi de son premier LP (Come, I’m a Lion), Nau s’entoure de quelques amis (dont Whitney McGraw qui se charge des chœurs tout bonnement angéliques) pour peaufiner 14 nouvelles chansons qui constitueront finalement une sorte de concept album. Premier concept, les titres, un mot par titre (ChariotElephantsFinders, …). Sufjan Stevens, avec qui Nau partage beaucoup de choses (notamment un background religieux passifié – donc pas pontifiant –, un goût sûr pour les arrangements délicats et les instruments les plus divers et aucune honte à muscler une guitare de temps à autre sans perdre une once de délicatesse) y verra peut-être un clin d’œil à son intrigante manie des titres à rallonge. Second concept, toujours autour des mots, les paroles, organisées de façon didactique avec force rappels, d’une chanson à l’autre, de formules répétées d’une chanson à l’autre (Clap your handsWe will become a happy ending) ou tout simplement d’auto-citations de titres de l’album. Michael Nau est joueur, a-t-il lu Perec ? Ainsi, les 14 chansons, mises bout à bout, pas une à jeter, constituent une pièce montée tout ce qu’il y’a de pas indigeste.

Un album tout terrain (pluie ou beau temps, spleen ou euphorie) à écouter en boucle en attendant son successeur, déjà annoncé, et à ranger d’office parmi les meilleures livraisons 2006 (puisque Suicide Squeeze nous donne l’opportunité de corriger notre oubli de l’an passé). Il semblerait de plus que Page France soit parfaitement à l’aise sur les planches, les échos qu’on en a semblant pointer vers une bonne ambiance proche de celle dégagée par Stevens (encore lui !) et ses Illinoise Makers… Tiens, Sufjan revient au Bataclan cet automne, qui a son numéro pour lui proposer de prendre Page France dans ses bagages ?


www.pagefrance.net
www.myspace.com/pagefrance
www.suicidesqueeze.net

chronique publiée le 02/09/2006


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