19/01/2018  |  4932 chroniques, 163 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/01/2018 à 15:07:01
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A matter of scale

Orouni
autoproduit - décembre 2006

Orouni, incarné par un jeune homme au prénom musical, Rémi, est le groupe français folk / lo-fi le plus excitant du moment.
Son premier album, A matter of scale, est sorti en catimini courant décembre dernier. Je dis en catimini car il a été réalisé en autoproduction (pas de label, pas de distribution).
Quand j’ai reçu le disque, j’étais excité comme un môme de 9 ans à qui l’on donne un Kinder. Je monte les marches quatre à quatre, arrivé au quatrième étage je rentre chez moi (enfin, là où j’habite en sous-location chez une personne que je ne connais pas), je rentre donc dans ma chambre, pièce à vivre et à déprimer, j’ouvre l’enveloppe et là apparaît le fameux objet des convoitises. Superbe travail sur la pochette de l’album, le visage et fioritures sont entièrement réalisés avec le symbole d’Orouni : une guitare. Il n’y a pas de livret mais la pochette se transforme en poster, je vous invite à vous rendre sur le site Internet du groupe où vous pourrez écouter album dans son intégralité. Le site en flash est magnifique ! Je me fais la réflexion suivante : il serait bien que les groupes prennent autant d’attentions pour réaliser leur pochette et leur univers Internet…. Qu’ils soient professionnels ou amateurs ! C’est aussi par ce biais que l’on séduit le futur acheteur potentiel.
Continuons : j’insère le disque dans mon lecteur et Kiss the flower peut commencer à se dévoiler. L’univers est toujours aussi plaisant, on est rassuré par cette voix susurrée, douce et séduisante qui accompagne la guitare et un piano lointain. De cette chanson je retiens ce couplet : « All of my saviors in a box in the yard, My hopes and my dreams inside » (« Tous mes sauveurs sont dans une boîte dans la cour, Mes espoirs et mes rêves à l’intérieur »). Puis vient Toothpaste on my suitcase et son histoire d’une vie de couple sur le déclin, texte grave, ironique et drôle. Les textes hyper travaillés font d’Orouni un Ovni et un artiste complexe, complet et attentif à chaque détail de la vie qui passe. I wanna have money et ses « hand claps » à la manière d’un groupe comme Moose et toujours cette guitare discrète, ces voix à la limite de la chute libre et ce piano qui conclut la chanson sur 4 notes.
Le titre suivant, The perfume conspiracy, voix/piano, se résume pour ma part à ce refrain : « I would really like to know the truth, But she was killed when she was young, And I'm so weary when I've got no proof, I hate when the dream's too long » (« J’aimerais tellement connaître la vérité, Mais elle a été tuée quand elle était jeune, Et je suis trop las de ne pas avoir de preuves, Je déteste ça quand le rêve n’en finit pas »). Qu’ajouter de plus… Rien, bien sûr !
Il faut aussi vous parler de cette chanson décalée et drôle : The late polish plumber, c’est l’histoire du plombier polonais qui vient chez nous violer nos femmes et tuer nos enfants, Orouni a su caricaturer une tranche de vie politique qui a probablement sabordé le grand projet de l’Europe unie.
A vous maintenant de découvrir cet artiste qui ne ressemble ni à Herman Düne, ni à Will Oldham, ni à Julie Doiron, ni à Folk Implosion, qui ressemble simplement à ce que nous voulons. Touchant mais jamais dans le pathos, Orouni cisèle des petites histoires de la vie, celles qui parlent à tout un chacun, il nous les conte dans le creux de l’oreille avec sincérité et douceur. Orouni, j’espère que l’histoire finira par t’ouvrir les portes d’un label, tu es plus méritant que la dernière victoire du CQFD 2007.

PS : Pour les Parisiens le disque est disponible chez Ground Zero, 12, rue de Crussol dans le XIème arrondissement. Sinon, on peut l'acheter directement sur le site Internet du groupe, ici.


www.orouni.net
www.myspace.com/orouni

chronique publiée le 21/01/2007


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