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Dee Lorelei
Running Water Music - mars 2007

Troisième chapitre réussi de l’histoire de Dee Lorelei, le nouvel album du groupe clermontois permet d’être aspiré par une spirale musicale très originale. Une spirale infernale qui permet d’entrevoir les portes d’un monde sombre, inquiétant, hanté par la sexualité et foisonnant d’idées bizarres et d’influences bigarrées… Si la tonalité du disque (présenté sous une superbe pochette que l’on doit à Lord Gomez, de Kunamaka) est plutôt pop/rock, Dee Lorelei surprend par la richesse de la palette sonore qui lui permet d’esquisser ses multiples tableaux. Tableaux où l’on ressent de manière prégnante l’importance que représentent sur la psyché des musiciens le métal torturé de Tool, l’électro pop de Depeche Mode, le rock ouvert vers les sonorités orientales de Led Zeppelin, la pop aérienne de Jeff Buckley et de Radiohead, les bandes originales de films signées par Ennio Morricone et Angelo Badalamenti… Aussi tortueux, versatile et imprévisible que les films du réalisateur de Twin Peaks, Fire walk with me, Mullholland drive et Blue Velvet – le très perturbé David Lynch –, l’univers de Dee Lorelei encercle l’auditeur, parfois un peu réticent au début à cause de certains côtés grandiloquents et sulfureux, et ne le laisse plus s’échapper. C’est donc en prisonnier volontaire que les écoutes successives s’effectuent, révélant chaque fois de nouveaux petits détails sonores ou arrangements méticuleusement agencés sur les ballades à la guitare ou au piano, les envolées rock ou les titres de pop teintés de rock nerveux. David Roche (voix, guitare, piano, claviers, programmation), Pierre Esteves (basse) et Guillaume Valy (batterie) peuvent s’enorgueillir d’avoir composé et réalisé – avec l’aide de leur nombreux amis doués – un album au charme trouble révélant une indéniable personnalité. Souhaitons aux titresWar, Stay, Jaguar, 1000, Silence, Cauchemars et Fester (entre autres) de connaître une nouvelle vie sur scène, un endroit où Dee Lorelei se révèle souvent impressionnant…

A lire également, une interview de Dee Lorelei réalisée en 2004, une chronique du deuxième album du groupe, ainsi que deux comptes rendus de concerts donnés à la Coopérative de mai, en 2003 et 2004.

Bientôt dans la rubrique Bonus du site de Radio Campus Clermont, une interview et un show case enregistrés en 2007 : www.clermont.radiocampus.org.

Sites Internet : www.myspace.com/deelorelei, http://deelorelei.net/.


chronique publiée le 27/02/2007


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