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The Bird Of Music

Au Revoir Simone
Moshi Moshi / Cooperative Music - février 2007

"De tes limites, tu tireras ta force" répétait le sage lo-fiste. Chez Au Revoir Simone, les limites s’appellent Casio, Yamaha ou Roland ; soit un club fermé du synthés interdit aux guitares trop phalliques. La référence lo-fi s’arrête là ; chez ces trois jolies filles venues de Brooklyn, on flirte plus avec l’électop-pop précieuse de Broadcast qu’avec le génie flingué de Daniel Johnson. The Bird of Music fleure bon l’amateurisme éclairé, et donne presque des regrets d’avoir lâché sa carrière de pianiste au solfège. Sur leur premier album, on avait eu le béguin avec la belle endormie Through The Backyards, devenue par la suite une raison avouable de se planter devant Grey’s Anatomy.
Avec un précédent pareil, Au Revoir Simone pourrait être un objet maniéré, bien emballé dans une pochette toute en nuisettes blanches, distribué par un label avec un nom de sashimi (Moshi Moshi). Les doutes ne résistent pas longtemps au sens de la mélodie de nos nouvelles copines, tout en variations. Parfois purement bucolique - comme ce Fallen Snow objet de fantasme pour fétichiste pop tendance Sarah Records. De cette immersion, on ressort avec des envies d’oisiveté à partager. Autour du dogme synthé de départ, Heather, Erika et Annie agrègent leurs voix à la beauté fuyante, une belle neutralité, glacée à la bonne température. Des trois, on ne sait pas pour laquelle notre cœur craque. Et quand elles s’entremêlent pour un refrain vers le bonheur sur The Lucky One, la polygamie devient un délicieux non choix. Aucune note chantée ne vole plus haut que l’autre. Les filles ne devraient jamais hurler dans un micro, ça fait vulgaire. A ce versant en pente douce, s’oppose - sans le brusquer -, un autre, plus expérimental : nos amies griffent leurs claviers pour en extraire de l'électro de chambre, entre Stereolab et Kraftwerk.
A Violent Yet Flammable World s’ouvre sur un beat mimimaliste puis prend une ampleur inattendue, une boîte à rythmes tamponne dans son coin, le monde extérieur est effrayant semblent-elles vouloir nous dire. Pas si lascives qu’imaginées, on verrait bien les filles d'Au Revoir Simone organiser la résistance contre un rock masculin qui n’en finit pas de jouer à celui qui pissera le plus loin.


www.aurevoirsimone.com
www.myspace.com/aurevoirsimone

chronique publiée le 08/03/2007


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