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Score

Matthew Herbert
Accidental Records / !K7 Records - avril 2007

On savait Matthew Herbert pluridisciplinaire : musicien d'electronica visionnaire (Bodily Functions), producteur sur mesure pour sa plus grande muse (Dani Siciliano), fin gastronome sonore (Plat Du Jour), conducteur d'un big-band racé et dansant (Goodbye Swingtime), mais l'on ne connaissait pas encore ses dons pour les musiques de films et ses compositions cinématographiques. Avec Score, Matthew Herbert offre à ses auditeurs une nouvelle facette de son talent avec ce recueil de dix-sept plages composées pour divers films (Vida Y Color, Le Defi, The Intended).

Ces films étant peu connus voire inconnus, c'est donc un visionnage sonore en aveugle qu'offre Score à ses auditeurs. Un paysage auditif sur lequel nous apposons au gré des compositions mille images imaginées et alambiquées. A ce titre, Le Defi se révèle le plus saisissant et ébouriffant, entre une plage de big-bang jazzy poussé à l'extrême, une relecture distinguée de Cafe De Flore (très cliché parisien) et un relecture déconstruite de Singin' In The Rain effrénée. A contrario, les plages illustrant Vida Y Color s'avèrent plus classiques, montrant toute l'aisance du compositeur anglais à mener un grand ensemble et des orchestrations amples et aériennes. A l’opposé, les deux titres rejetés pour Manolete s'avèrent extrêmement dépouillés ne s'habillant que d'une mélodie à la guitare pour un road-movie éthéré et atmosphérique.Le plus surprenant reste tout de même Rendezvous illustrant Set Boundaries (The Bonachela Dance Company). Plage époustouflante de plus de dix minutes, cette dernière porte en son sein toute la quintessence du musicien. Mélangeant voix/choeur, musique classique et ruptures électro, ce morceau s’avère d’une virtuosité folle où l’on imagine sans peine la parfaite adéquation entre les cassures sonores et les mouvements alambiqués des danseurs. Une très grande réussite !

Avec ce superbe album, Matthew Herbert prouve encore une fois qu’il est l’un des rares compositeurs d’electronica ayant su sans cesse se renouveler et faire évoluer son art vers de nouveaux courant musicaux ; jazz et classique pour ne citer qu’eux. Il ne manque plus qu’à l’artiste anglais de composer une « vraie » BO, celle d’un long métrage où images, discours politiques et musique ne formeraient qu’un tout absolu.


www.matthewherbert.net
www.accidentalrecords.com
www.k7.com

chronique publiée le 02/05/2007


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