17/11/2019  |  5266 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/11/2019 à 16:22:04
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Volta

Björk
One Little Indian - 2007

A l'image de Pascal (Obispo) pour Michel (Polnareff), moi aussi, j’ose faire mon coming out... Depuis le temps... Oui, maintenant je n'ai plus peur de le dire... Oui, je suis fan de Björk jusqu'à acheter religieusement chacun de ses disques le jour même de leur sortie... Et oui, ça va jusque là.... C'est dire... Mais là, je dois bien admettre que non, ce n'est pas possible.... Je suis fan mais il y a des limites à tout... Oui j'ose ! J’ose dire que la pochette du dernier opus de Björk n'est pas belle... Oui monsieur ! On dirait vraiment le croisement entre les pieds d’un Yeti et le corps d’une bouteille d'Orangina qui auraient rencontré trois pots de peinture qui traînaient par là.... Bref, pas vraiment du plus bel effet. Heureusement pour nous, le coeur de l'album s'avère, lui, plus à la hauteur de la diva islandaise.

Après avoir composé la très expérimentale bande originale de Drawing Restraint 9, Björk change une nouvelle fois de direction et sort avec Volta un album en forme de kaléidoscope aux références musicales multiples et variées. D’entrée de jeu, le single Earth Intruders donne le ton de la pochette. Rythmiques tribales, voix haut perchée, le tout agrémenté par les lames électriques du Konono N°1. Un tube énergique et très pop que l’on retrouve aussi sur Innocence où le travail du producteur Timbaland s’avère particulièrement réussi. Parmi les autres grandes réussites de l’album, les deux chansons en duo avec Antony (The Dull Flame Of Desire et My Juvenile) se révèlent très belles et poétiques (The Dull Flame Of Desire tire d’ailleurs ses paroles d’un poème de Fyodor Tyutchev que l’on retrouve dans le film Stalker d’Andrei Tarkovsky). Quant au plus ancien des collaborateurs de Björk, Mark Bell, il tisse ici de magnifiques beats à la froideur redoutable ; tantôt hardcore sur le ténébreux Declare Independence, tantôt déconstruits sur la plus belle réussite de l’album, Wanderlust, où cœur de cuivres et electronica pointue se conjuguent à merveille avec la voix de la chanteuse islandaise. Volta enchaîne ainsi les climats au gré des collaborations, sans pour autant surprendre son auditeur. Declare Independence ressemble à Pluto d’Homogenic, les deux duos avec Antony sont de très belles ballades comparables à celles présentes sur son dernier album et Timbaland signe, comme à l'accoutumée, deux gros hits dont il a le secret.

Au final, Volta n’est donc ni le plus surprenant, ni le meilleur album de Björk, mais a le don de jeter les passerelles entre les genres et s’avère être, finalement, un bon disque de pop, au sens large du terme. Le seul regret tient au fait qu’avec Volta, Björk ne prend pas de réels risques, contrairement à ses précédents albums plus conceptuels (Vespertine, Medulla), laissant un petit arrière goût d’inachevé. Dommage...


www.bjork.com
www.indian.co.uk

chronique publiée le 20/05/2007


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