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Ignorance And Bliss

The Elderberries
NoPhoNo - Sophiane - Discograph - 16 mars 2009

Virage "stoner pop" difficile mais assez réussi pour The Elderberries, après un premier effort marqué au fer rouge par AC/DC… Sur le deuxième disque des Clermontois, on sent clairement un changement de direction influencé par le duo Queens Of The Stone Age/Eagles Of Death Metal et la pop radiophonique. Certains regretteront le côté brut et les hurlements hystériques du premier album, certes, mais il y a de fortes chances qu’ils se laissent séduire par un album bâti pour passer sur les FM (et produit en conséquence, c'est-à-dire selon les canons dictés par les programmateurs des stations commerciales).

Malgré la direction plus consensuelle qui a été suivie, force est de constater que les cinq excellents musiciens composant The Elderberries possèdent toujours un Mojo qui fonctionne souvent quand il s’agit d’écrire des tubes. Le premier titre de l’album – Au Bikini – fait d’ailleurs partie de cette catégorie là : c’est une ode stoner pop virulente et émue au tenancier du meilleur bar rock de Clermont, le créateur des « soirées moustache » rock ‘n roll, Olivier… On peut dire que ça commence bien, puisque Lost my Way fait également l’effet d’une bombe dans la sono ! Le formatage et les refrains fédérateurs n’empêchent pas toujours la puissance de feu, ouf ! Malgré un emprunt un peu trop voyant à une intro de Placebo, It doesn’t really matters est bel et bien un hit single en puissance (justement). C’est une véritable ras de marée composé de guitares hurlantes, de paroles à reprendre en chœur et de violons synthétiques entêtants… Après ce départ sur les chapeaux de roue, The Elderberries marquent franchement le pas avec le trop mou et aseptisé Visions et le convenu - mais assez percutant - False Acquaintance. Pas de surprise mais un retour énervé sur la pédale d’accélérateur avec le correct The Choice, où l’on regrettera cependant les passages trop travaillés sur la voix. A notre avis, l’organe du grand (par le talent) Chris Boulton n’est jamais aussi électrisant que quand il est laissé en liberté, et que notre sosie préféré du moustachu Astérix le Gaulois lâche la bride à ses cordes vocales. Sur le jouissif Gone too far, on retrouve les grands espaces pop/rock FM, un endroit où l’on est agité de soubresauts à l’insu de son plein gré. En revanche, Ungracious fait penser au tout venant des BO pour Teennage movies, sans saveur. Comme les peu inspirés Impostor et We should be running, sans oublier le pire titre du disque, le presque progressif, Far away.

Fort heureusement, on termine sur une bonne note avec le démoniaque Sick of silence, qui, comme les bons titres de cet album, titille notre envie de sauter en l’air en brayant comme un malade. A notre humble avis, ce nouvel album des Elderberries comporte pas mal de réussites – conseillées pour péter les plombs – dans le style rock FM, et quelques petits ratages qui seront sans doute vite effacés par la scène. Il reste une énigme à propos d’Ignorance and Bliss : qui est cette jeune fille hyper canon qui sourit énigmatiquement sur la pochette avec sa moustache malicieuse et ambiguë ? Une fan énamourée des Elder se rendant à une soirée moustache au Bikini ? Si c’est le cas, on arrête de se raser au dessus des lèvres et l’on s’y rend avec joie.

Sites Internet : www.myspace.com/theelderberries, www.myspace.com/nophonorecords, www.myspace.com/discograph.


chronique publiée le 17/03/2009


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