21/09/2019  |  5232 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 19/09/2019 à 14:39:42
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BMAN

N.A.M.B.
Monotreme Records - 2009

De Turin, en Italie nous vient une surprise qui confirme la bonne tenue de la scène de ce pays, dont un aperçu appréciable nous est livré par le biais de l’agence de promotion Five Roses, gérée par Julien Fernandez. Il s’agit de <>N.A.M.B., quatuor aux influences ici facilement décelables (Nine Inch Nails avant tout, Flaming Lips aussi, en ajoutant à cela un sens de la mélodie parfaitement affiné), le groupe se montrant de plus généreux puisque ce sont dix-huit titres, ni plus ni moins, qui nous sont livrés en pâture sur ce B.M.A.N. solide et consistant.La palette des Italiens est large et constamment attrayante et comme chez Reznor, on arrive à capter l’attention sur les titres lourds et psyché (T.C.3. en ouverture) comme sur les morceaux les plus emportés (Radiorage, puissant certes mais doté de belles mélodies) ou les pages saccadées et porteuses de voix presque funky, caractéristiques elles aussi du registre de N.I.N. (TV Invasion), animées par des séquences électro trépidantes. On a d’ailleurs en trois titres la tendance générale du disque, ce qui ne signifie pas, loin s’en faut, que le reste est moins bon.

Au contraire, plus l’écoute se poursuit, plus on tombe sous le charme de cet album intense et vigoureux,  modéré avec justesse, à commencer par cette chanson en Italien, sobre et dépouillée, intitulée Musichetta in pausa sigaretta, faite d’une pop fine et vêtue de bien beaux apparats acoustiques. On pense souvent, il est vrai, à The Downward Spiral, mais N.A.M.B. apporte sa touche personnelle, comme le prouve ce morceau, à l’ensemble. Et si le souvenir de Trent est présent, il importe de souligner que rares sont les artistes capables d’œuvrer dans un registre similaire avec une telle maîtrise, sans s’égarer ou sombrer dans l’insignifiant. Sur Supernaturalooser (parte 1), le quatuor confirme sa personnalité en proposant une trame psyché attrayante, enchaînant ensuite avec un Running captivant, changeant dans ses rythmes et porteur de touches à la fois bluesy et aériennes du meilleur effet. On ne compte d’ailleurs, c’est à relever, aucun faux-pas sur l’opus en présence, et je pourrais m’arrêter à chaque morceau en faisant partie, dont L.O.N. et sa batterie assénée, suivi de Bye bye sides et son acoustique psyché absolument magnifique, « salie » par des sonorités presque malsaines, puis Work it out et sa basse remarquable, alerte et tubesque.

 Une révélation, voilà ce qu’est ce groupe et ce disque dont on aurait pu craindre, en son début, une orientation trop poussée vers ses influences. Que nenni, celles-ci sont assimilées avec bonheur et servent de tremplin vers l’élaboration d’un monde musical qui au final n’appartient qu’aux ressortissants de Turin. Ces derniers ayant, au passage, partagé la scène avec des formations telles que Blonde Redhead, Fantomas, Spoon ou Michael Franti ; c’est dire l’éclectisme et la capacité d’adaptation de N.A.M.B. Essayez donc de résister à ce Serrato fin et affirmé à la fois, ou à cette ritournelle brève et marquante qu’est F W R, et de façon générale à la fin d’album, qui ne faiblit pas une seconde et offre une qualité constante et égale, le tout dans une diversité qui ne nuit pas à la cohérence de ce B.MA.N. parfait. Primula, superbe exemple de pop-rock légèrement indus, en enfonçant le clou, de même que Hate my telephone dans le registre plus spatial abordé ici en plusieurs occasions, ou ce Into the mud contrasté et parfaitement en place. Et pour finir, la seconde partie de Supernaturalooser, d’abord céleste puis nettement plus brutale ensuite, digne bien sur des meilleurs travaux du sieur Reznor, à laquelle succède F.A.R. (fools are right), mid-tempo crié et hallucinant. Celui-ci laissant le soin à Blue sky de mettre fin, de façon synthétique et tout aussi remarquable, haut perchée aussi, à cet effort concluant du début à la fin.

 Découverte impérative donc, sous peine de passer à côté d’un des albums à paraître les plus captivants de cette fin d’année.




www.namb.it/
www.myspace.com/nambzone

chronique publiée le 24/10/2009


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