21/09/2019  |  5232 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 19/09/2019 à 14:39:42
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Split

Calva/Io Monade Stanca
A tant rêver du roi - 2010

Le label palois A tant rêver du roi, illustre géniteur de sorties décalées dans le style et dans l’esprit, nous fait cette fois don d’un split unissant les « locaux » de Calva et les Italiens de Io monde stanca, pour un résultat encore une fois irréprochable et insoumis.
C’est Calva qui ouvre la marche et livre cinq titres sur ce superbe vinyl vert, faits d’un rock changeant et doté de sautes d’humeur, et de successions d’ambiances, captivantes. De Central pub, saccadé et insidieux, bien breaké, à Melinda 2.0, Calva se montre au meilleur de sa forme, par exemple sur un Kato bondissant, dans un registre instrumental bien maîtrisé, qui par sa voix traficotée évoque Marvin,.et ensuite Nerves, à la voix remontée et aux secousses rythmiques bienvenues. L’alternance entre énergie débridée et calme bref mais marquant est de mise et accroît le pouvoir de séduction de Calva, au brio instrumental étourdissant.
Sur Urban cowboy, au chant posé, une trame « bluesy » prédomine, restant dans la retenue bien qu’on sente, à l’écoute, l’explosion possible, voire imminente, l’effet s’avérant être de taille . Ceci avant que Melinda 2.0 ne mette fin à la prestation du groupe dans un climat agité mais retenu, au chant presque narratif, sur une note aussi concluante que sur les titres précédents, l’empilement judicieux de motifs sonores faisant définitivement la différence. Calva poursuit donc sa quête d’identité, ou plutôt l’affine et la rend plus digne d’intérêt encore, aiguisant de ce fait notre impatience quand à la survenue d’un nouveau long-jet de sa part.
Suite à cette première face probante, Io monade stanca, au registre lui aussi déviant, complète parfaitement le split en présence avec ses titres, ou plutôt son titre, entre post déglingué et noise racée. Composée de trois parties elles-mêmes divisées en sous-parties, il s’agit d’une longue tentative, réussie, d’expérimentation affirmée mais qui jamais ne perd l’auditeur. Et si les brusques changements d’orientation peuvent déstabiliser, la structure suscite, par son contenu, un intérêt conséquent, ne cédant jamais à la redondance, loin s’en faut, ou à l’ennui.
Avec, en plus de ça, un chant épris de folie, changeant et toujours en phase avec une instrumentation variable et toujours attrayante, un bruitisme à la Sonic Youth agrémenté de plages noise du meilleur effet, et bien sur cet extrémisme dans les chemins empruntés, quelque part entre mélodies tordues et élans noise/noisy affolés, il va sans dire que les Italiens livrent un produit exigeant, certes, mais époustouflant, dont on ne décroche pas une seule seconde, surtout en tant qu’ « initié » de cette musique sauvage et passionnante.
Et passé le nécessaire effort d’acclimatation, on se retrouve avec un objet de taille, à la valeur conséquente, dans l’esprit ATRDR, insubordonné et incroyablement inspiré, en plus d’une créativité omniprésente.

www.myspace.com/calvaband
www.myspace.com/iomonadestanca
www.myspace.com/atantreverduroi

chronique publiée le 21/05/2010


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