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Gloss Drop

Battles
Warp/Discograph -

Sorti le 31 mai, le 2ème album de Battles (ou Beatles?) a été salué unanimement dans la presse. Partout des critiques élogieuses et pour cause, ce Gloss Drop est une petite merveille. Déjà Mirrored, leur précédent manifeste avait pas mal étonné. Même le sorcier Brian Eno en est fan, c’est dire la singularité musicale de Battles.
En live, la musique de Battles exprime encore mieux leur style « sans paramètres, ni frontières» comme le signale le batteur John Stanier. Leur musique post rock et frontale, teintée de jazz, prend au corps, si ce n’est à la tête. La frappe de John Stanier (ex. Helmet) cogne vers le rouge, pendant que les guitares d’Ian Williams (ex. Don Caballero) et de Dave Konopka (ex Lynx) jonglent avec nos nerfs par leurs jeux de riffs en mode ping-pong.

Depuis Mirrored, Battles a perdu le guitariste Tyondai Braxton (occupé par ailleurs). Les voici donc en trio mais avec, sur Gloss Drop, des guests de luxe : Kazu Makino de Blonde Redhead qui vient poser sa magnifique voix aérienne sur Sweetie & Shag, Matias Aguayo producteur du label électro Kompakt qui pose lui aussi sa voix sur un Ice Cream fondant, Tamantaya Eye le furieux bipède des Boredoms en extase sur le drone Sundome et enfin, un rescapé des années 80, Gary Numan très à l’aise sur My Machines (un titre qui lui colle à la peau). Autant le dire, Battles a su prendre le bon parti des invités, chaque titre est d’une élégance sonore à couper le souffle. Loin d’être une démonstration de musiciens « virtuoses », l’art de Battles repose au contraire sur la fraîcheur, l’humour et le savoir faire sans prétention qu’ils savent donner à leur technique.
Difficile de décrire cet album très riche qui ne ressemble à rien d’actuel ni, d’ailleurs, du passé. Ce disque donne l’impression de partir dans tous les sens, tout en restant cohérent. Battles construit ses morceaux comme des chercheurs de l’IRCAM, mais avec une approche « pop » dans le format, les mélodies et la durée des titres. Ici, le rythme sous ses diverses formes est roi. On se laisse prendre jusqu’à l’obsession par la rythmique, limite dance (notamment sur Futura) qui donne le tournis et la banane. Comme le dit John Stanier dans la bio : «J’étais prêt à verser jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour cet album», on sent que le groupe s’y est beaucoup investi et qu’il a prit beaucoup de plaisir en studio à rendre digeste leur musique « exigeante ». Entre post-rock, jazz, pop, world, électro, dub, tout se mixe ici à merveille. Aucun doute, ce disque devra être dans vos bagages pour vos vacances d’été 2011.


warp.net/records/battles
www.myspace.com/battlestheband

chronique publiée le 06/07/2011


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