15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Danse macabre

The Faint
Saddle Creek / Labels - 2003

C'est un disque, il faut le dire, qui fait plaisir à entendre. Non pas pour ce qu'il apporte en matière de nouveauté, mais pour la nostalgie qu'il provoque. Une sorte de madeleine de Proust. Et puis il vous autorise à ressortir de vos discothèques une production autrefois rangée dans le rayon des choses à cacher. Pourquoi ?

Avouer autrefois que vous étiez un fan de Soft Cell, Devo, Human League, New Order, Depeche Mode, Ultravox, ABC, Heaven 17, Book of Love et autres vous amenait généralement à subir un florilège de quolibets de la part de vos amis et connaissances. Pour la bonne et simple raison que certains s'arrogeaient le droit de penser que cette musique électronique n'était tout bonnement pas sérieuse voire kitsch. A l'époque il fallait choisir son camp !!! "Dis t'es Cure ou Depeche Mode ?" ou encore "Synthé ou grattes?".

Mais aujourd'hui c'est fini. L'ostracisme a cessé.

Ainsi ce groupe américain, originaire du Nebraska, The Faint, s'est engouffré dans une brèche grande ouverte. Celle du revival pop eighties. Pour la plus grande joie de tous, vous allez pouvoir vous jeter sur le dancefloor sans craindre de vous déhancher sur de la musique électronique médiocre.

La fraîcheur existe-t-elle alors? On le supposera à l'écoute de leur dernier album Danse Macabre. Ils ont repris intelligemment en main une période abandonnée. Là où d'autres ont apuré leur musique pour correspondre aux respects des règles du marketing musical et perdaient du même coup tout l'intérêt que l'on pouvait accorder. The Faint joue les limites du genre où notre époque est à la taxinomie. Ni punk, ni new wave, ni goth, ni rock, ni pop. Tout à la fois. Ce qui en fait une production rare.

Beats répétitifs et froids ne versant pas dans la techno, usage de synthés à bon escient et exploitation des émulateurs de sons, mélodies accrocheuses déconstruites pour surprendre, une voix authentifiable par son absence de timbre véritablement défini (Robert Smith ou Damon Albarn ?) quand elle n'est pas volontairement échantillonnée, riffs de guitares maîtrisés diaboliquement remisés au second plan, second rôle démystifiant le rôle du guitar héros. Le tout est savamment construit pour être efficace sans toutefois verser dans la facilité.

Oh ! The Faint ne va pas révolutionner le monde de la musique mais leur mérite est de pouvoir réconcilier musique électronique et émotion.


www.thefaint.com/

chronique publiée le 16/03/2003


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