22/07/2019  |  5212 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/07/2019 à 18:30:55
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
The Cocoanuts

Various Artists
Sound Track Factory - 1929

Nouveau site, nouvelle chronique !
Comme vous avez pu le remarquer, le site compte maintenant une rubrique "Ciné" a part entière. Reste donc à faire le lien entre musique et films. C’est pourquoi je vais essayer de faire chaque semaine une petite (ou grande) chronique sur les BO. Et oui, s’il est bien un genre plus ou moins dénigré par la musique (en général), c’est bien les musiques de films.

(Attention je parle bien ici de musiques de films faites par des auteurs/compositeurs et non des "vulgaires" compilations de morceaux plus ou moins connus censés colorer auditivement des images sur pellicule – cf Transpotting pour les amoureux de la pop).

Pourtant si on approfondit bien la question, on s’aperçoit très vite que les BO ont fortement influencé tous les types de musiques du classique à la pop music. Alors par où commencer ? Par quel genre ? Par quel compositeur ? Le plus simple étant de partir à la source du cinéma parlant.

Premier film parlant, Jazzmen, (les chanteurs de jazz en français) réalisé par A.Grosland. Nous sommes en 1927 et le cinéma va alors connaître sa première grande véritable révolution (la seconde sera l’apparition de la couleur). Révolution qui entrainera la chute de grands noms du cinéma muet (Buster Keaton notamment) mais aussi l’émergence de nouvelles sources d’inspiration et de création.

Néanmoins, Jazzmen ne fut pas a proprement parler un film parlant. En fait le film conjuge passages muets (histoires et dialogues du film) et courts passages chantés. Le procédé à l’époque était relativement simple, on gravait des disques vinyl que l’on "calait" sur les images de façon à avoir une concordance entre les mouvements des lèvres et le son de la voix enregistrée.
Le film connut un succès énorme tant auprès du public que des critiques. Si le film eut autant d’impact c’est que d’une part il inventa un genre : la comédie musicale (genre sonore par excellence qui perdurera jusque dans les années 50 et fit les beaux jours des studios hollywoodiens) et d’autre part, il met en scène un homme tiraillé entre ses devoirs familiaux et religieux et la passion pour le jazz et les ragtimes. N’oublions pas que nous sommes à la fin des années 20 et que le jazz véhicule encore de nombreux préjugés notamment raciaux. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant si par la suite le jazz tiendra une place prédominante dans le monde de la BO.

Pour l’heure et comme à ma connaissance il n’y a pas de BO de Jazzmen, je m’arrêterai aujourd’hui à la plus vieille BO de ma collection, en l’occurrence, The Cocoanuts, film de Joseph Stantley et Robert Florey réalisé en 1929.
Le film raconte une simili magouille autour d’une vente aux enchères de terres paradisiaques. Un prétexte pour mettre en œuvre des sketchs survitaminés réalisés par le meilleur trio du genre : Les Marx Brothers. Inutile de dire que le film est de ce point de vue irrésistible et que la BO restrancrit à merveille (avec un son de l’époque bien sûr) ces pitreries en accordant toute une plage à un monologue "amoureux" de Groucho. Jeux de mots invraisemblables, flâteries douteuses et métaphores surréalistes sont au rendez-vous de ce discours.
Mis à part cette merveilleuse déclaration, on peut retrouver sur le disque le thème principal du film décliné en plusieurs versions et une version alternative déjantée conduite par Chico et Harpo. Une pure "kitscherie" du genre.


www.marx-brothers.org


chronique publiée le 11/03/2004


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire